X LETTRE-PREFACE
pourfendre, du glaive acéré de ses arguments, les sophismes de Tincrédulité, il a imprimé à tous ses écrits le double caractère de la spéculation et de l'action. Il y a mis son âme. Ses paroles sont des actes. Elles en ont l'éloquence persuasive et Tefficacité. Quand elles ne montrent pas la vérité, elles mettent sur le chemin qui y mène et inspirent vivement au cœur le désir de la chercher,
« Vieux » et « Jeunes » peuvent trouver chez lui de quoi légitimer leur amour des « choses anciennes » et des a choses nouvelles », pourvu que cet amour ne soit pas exclusif.
Ses hardiesses enthousiastes en faveur de la « science » n'amollissent jamais la fermeté de sa foi vis-à-vis des dogmes catholiques et ne lui ôtent rien de son désir d'en manifester les beautés cachées et les secrètes harmonies.
S'il en est qui ne savent pas encore combien peu l'Eglise redoute les découvertes scientifiques, et combien, au contraire, elle est habile à les utiliser pour donner plus d'éclat et d'expansion à l'enseignement qui lui est propre, ils en trouveront dans les œuvres du P. Gratry de fréquents témoignages.
Il fut trop le disciple du maître qui a dit : « Celui qui croit en moi fera non seulement les choses que je fais; il en fera même de plus grandes », pour que l'on puisse craindre d'encourager ses propres disciples à chercher dans ses livres, non pas tant des formules définitivement arrêtées, que des points de départ pour de nouvelles conquêtes et de nouvelles évolutions dans le champ illimité de nos connaissances.
La réalisation d'une nouvelle somme de Philosophie ou de Théologie, dici longtemps encore, ne semble guère possible. Ce qu'il nous faut surtout et ce qui