II AVERTISSEMENT
et les préférences de son goût, sa conception de la critique et ses procédés d'analyse, voilà ce qu'on aurait voulu, par le choix de ces extraits, faire tout au moins entrevoir.
Plus d'un morceau encore aurait pu y entrer, qui conserve, après bien des années, son intérêt et sa portée : tel manifeste, par exemple, contre la littérature « industrielle », tel discours au Sénat, ou la remarquable étude sur « les quatre moments religieux do ce siècle » . Mais force était de se borner. Un recueil comme celui-ci irait d'ailleurs contre son but, s'il semblait dispenser d'aborder les œuvres complètes. Exciter à les lire, en rappelant, par quelques exemples, ce qu'en dehors de leur importance historique — chose accessoire, en somme — elles conservent de sens et de vertu vivante, c'est là son vrai rôle, et sa seule raison d'être. Tel quel, ce volume n'aspire, pour employer une vieille et expressive formule, qu'à être l'ébauche d'un Esprit de Sainte- Beuve', ébauche qu'il appartiendra à chacun de préciser en poussant plus loin ses lectures.
En tête de ces pages, c'est à Sainte-Beuve luimême qu'on a demandé de raconter sa vie. On s'est borné à en mener le récit jusqu'à son terme. Quelques notes complètent des indications trop sommaires, ou bien, avec franchise, mais avec la discrétion séante dans un volume où l'on est, après tout, « chez lui », suppléent à des réticences ou redressent certaines assertions.