‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 13 sur 59 · LES RÉVOLUTIONS · texte numérisé non relu

LES RÉVOLUTIONS

Théophylacte raconte que Philippicus, général de Maurice, étant sur le point de donner une bataille, se mit à pleurer en songeant au grand nombre d'hommes qui allaient être tués. Montesquieu appelle cela de la bigoterie. Mais ce ne fut peut-être en effet que du bon coeur. Il est bien de pleurer sur ces redoutables nécessités, pourvu que les pleurs n'empêchent pas de marcher en avant. Dure alternative des belles âmes! S'allier aux méchants, se faire maudii-e par ceux qu'on aime, ou sacrifier l'avenir I

Malheur à qui fait les révolutions : heureux qui en hérite! Heureux surtout ceux qui, nés dans un âge meilleur^ n'auront plus besoin pour faire triompher la raison, des moyens les plus irrationnels et les plus absurdes! Le point de vue moral est trop étroit pour expliquer l'histoire. Il faut s'élever à l'humanité, ou, pour mieux dire, il faut dépasser l'humanité, et s'élever à l'être suprême, où tout est raison et où tout se conclue. Là est la lumière blanche, qui plus bas est réfractée en mille nuances séparées par d'indiscernables limites.

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