C'est un rocher b long de la Meuse
5. Renaud de Montauban, célèbre paladin chanté par l'Arioslu.
plus loin, si élevée, qu'elle monle à plus de cent piedi fl de haut. De la voûte el du sol, d'énormes slalaclilsi | faceUes de diamants, quand la lumière les i'rappe, cherchent de tous côtés à se rejoindre, comme si elles vouaient assurer la solidité du temple, lui bâtir ses piliers. Ce n'est que depuis peu qu'on ose pénétrer dans cet antre obscur (1333). Longtemps il a été, pour toute li contrée, un lieu d'elîroi.
Tout objet qu'on jette dans la rivière, à l'entrée de cette caverne, ne reparaît plus Jamais, attiré, sans doute, par le trou du Haii, sorte d'étang noir, immobile, qu'il faut côtoyer, non sans péril, dans les demi-léuébres et qui garde tout ce qu'il engloutit. Ce n'est pas sans raison que les paysans, presque toujours heureux dans les surnoms qu'ils donnent aux objets et aux lieux qui les inquiètent ouïes effraient, ont appelé la Lesse la rivière
Toutes ces découvertes, si nouvelles pour moi, Nature et Histoire, me passionnaient. 11 y avait des jours où j'aurais pu écrire un volume sur mes impressions. Mais je préférais ne faire que cheminer seul et rêveur sous la forêt des petits chênes tout chargés, en tous temps et en tous sens, des rameaux chevelus d'un beau gui glacé d'or.
Vous avez beau marcher des heures et croire en voir la fm, ce n'est qu'une clairière. Le bois se referme et s'étend toujours devant vous comme une mer montanlc de verdure. Tout aide à l'illusion. Dans le silence de l'automne, quand la pluie tombe murmurante sur les feuilles vernissées dos chênes, elle imite, 'd s'y méprendre, le bruit de l'Océan dans ses jours de paix profon4C| lorsque la vague va, vient, mollement, sur le sablt la plage, dans un deoii-sommcil.
C'était lorsque mon oncle avait à s'arrêter dans la maison des gardes que je profitais de ma liberté pour m'enfoncer avec délices dans ces solitudes infinies. Muni d'un plan qui servait à m'orienter, je ne concevais rien de plus doux que ces longues heures d'isolement, et de mieux en rapport avec la mélancolie de mes regrets.
A la lisière des bois, la nuit vient vite et s'en va tard. Dès les premiers jours de l'automne, et souvent même dans la saison d'été, si elle est froide, on allume, le soir, un grand feu clair pour tenir à distance V haleine humide des arbres dont on se défie. Après le souper que nous prenions, pour me faire fête, dans des assiettes en vieille faïence où tout me semblait bien meilleur, la famille se réunissait autour de ce beau feu gai, pétillant au début, on vrai feu d'artifice tout en étincelles.
Ma tante Alexis était le chroniqueur en titre de la famille. Elle narrait les légendes du border^ aussi bien que Froissart^ et Walter Scott ^. On ne se lassait pas de Tentendre. Ses récits animés, faits avec une rare intelligence, d'une voix ferme, nette et précise, ont réveillé fortement en inoi le goût très vif que j'avais déjà ressenti, tout enfant, pour l'histoire. Ma mère, en cela, tenait de ma tante Alexis. Je savais à peine déchifl'rer mes lettres que, pour m'encourager à apprendre plus vile à lire, elle me lisait elle-même nos vieux chroniqueurs, ceux surtout qui se sont occupés de notre vieux royaume d'Austrasie*. Ces lectures enflammaient mon imagination. Pour me faire rester des heures entières