L'archevêque était primat d'Angleterre
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gna le sceau'. Il y eut alors comme deux roîs, et le roi ' des pauvres, qui siégeait à Kenterbury, ne fut pas le moins puissant. Henri en fut profondément blessé. Après avoir essayé vainement de la violence et de la séduction, il voulut la ruine et la morl de Thomas; il eut soif de son sang. Les gens zélés ne manquaient pas pour tâcher de satisfaire son envie. On essaya dès H64. L'archevêque fut contraint, malade et faible encore, de se présenter devant la cour des barons et des évéques ^ Le malin, il , célébra l'office de saint Etienne, premier martyr^, quiiri commence par ces mots : « Les princes se son! assis eofl conseil pour délibérer contre moi. o Puis il marcha cou- ■ rageusement et sa présenta revélu de ses habits pontiBeaux et portant sa grande croix d'argent. Cela embarrassa ses ennemis. Ils essayèrent en vain de lui arracher sa croix. Revenant aux formes juridiques, ils l'accusèrent d'avoir détourné les deniers publics, puisd'avoir célébré la messe sous l'invocation du diable : ils voulaient le déposer. On l'aurait alors tué en sûreté de conscience. Le roi atlendait impatiemment. Les voies de faits commentaient déjH; quelques-uns rompaient des pailles' et les lui jetaient.
La fête de Noël approchait: Thomas Becket, qui était «(fl France, voulait à tout prix célébrer dans naissance du Sauveur...
Quelques-uns des chevaliers de l'escorte du roi topé
mèrent un complot pour tuer l'archevêque.
Les conjurés partis à différentes heures et de porta dii
férents, arrivèrent tous en même temps à Sallwerde. Renouf de Broc leur amena un grand nombre de soldats, f Yoilà donc que le cinquième jour après Noël, comme rarche?éque était ver-s onze heures dans sa chambre et que quelques clercs et moines y traitaient d'affaires avec loi, entrèrent les quatre satellites. Salués par ceux qui étaient assis près de la porte, ils leur rendent le salut, mais à voix basse, et parviennent jusqu'à l'archevêque; ils s'assoient à terre devant ses pieds, sans le saluer ni enleur nom, ni au nom du roi. Ils se tenaient en silence ; le Christ du Seigneur se taisait aussi. ^
Enfin Renaud Fils-d'Ours prit la parole : « Nous t'apportons d'outre-mer des ordres du roi. Nous voulons savoir si tu aimes mieux les entendre en public ou en particulier. » Le saint fit sortir les siens; mais celui qui gardait la porte la laissa ouverte, pour que du dehors on put tout voir. Quand Renaud lui eut communiqué les ordres, et qu'il vit bien qu'il n'avait rien de pacifique à attendre, il fît rentrer tout le monde et leur dit : « Seigneurs, vous pouvez parler devant ceux-ci. »
Les Normands prétendirent alors que le roi Henri lui envoyait l'ordre de faire serment au jeune roi, et Jui reprochèrent d'être coupable de lèse-majesté. Ils auraient voulu le prendre subtilement par ces paroles, et à chaque instant ils s'embarrassaient dans les leurs. i> Ils se levèrent en furieux, agitant leurs bras, et tordant leurs gants. Pais s'adressant aux assistants, ils leur dirent : <c Au nom du roi, vous nous répondez de cet homme, pour le représenter en temps et lieu. — Eh quoi ! dit l'archevêque, croiriez-vous que je veux m'échapper? je ne fuirais ni pour le roi, ni pour aucun homme vivant. — Tu as raison, dit l'un des Normands, Dieu aidant, tu n'échapperas pas. »
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Ils parlirent en luiuulle avec de grnndes menares. U porte fui fermée aussitôt derrière les conjurés; ReaiuJ | s'arma devant l'avanl-cour, et preiiani une haclie dw mains d'un charpentier qui travaillait, il Trappa conlTcli porte pour l'ouvrir ou la briser. Les gens de la maison, amendant les coups de hache, supplièrent le priniiil de se réfugier dans l'église, qui communiquait à son ap()a^ lement par un cloîlre on une galerie; il ne voulut poinl, et on allait l'y enl rainer de force, quand undesassisUats fil remarquer que l'heure des vêpres avait sonné, i Puisque c'est l'heure de mon devoir, j'irai à l'église, i dit l'archevêque; et faisant porter sa croix devant lui, il traversa le cloilre à pas lents, puis marcha vers le grand autel, séparé de la nef par une grille entr'ouverle.
Quand il entra dans l'église, il vit lesclercs'en rumeof qui fermaient les verrous des portes : a Au nom de voire vœu d'obéissance, s'écria-t-il, nous vous défendons de fermer la porte. Une convient pas défaire de l'église une bastille'. » Puis il lit entrer ceux des siens qui étaieut restés dehors.
A peine il avait le pied sur les marches de l'autel, qtd ! Renaud Fils-d'Ours parulà l'autre bout de l'église revSIf i de sa cotte de mailles^, tenant à sa main sa large épée i f deux tranchants, et criant : a: A moi, à moi, lojaus serp-Tants du roi ! » Les autres conjurés le suivirent de pris, ' armés comme lui de la tête aux pieds et hrandissaut leui épées. Une voix cria : « Où est le traître ? s Becket l répondit rien. « Où est l'archevêque? — Le void^ I répondit Beeket, mais il n'y a pas de traître ici; qnf s faire dans la maison de Dieu avec un pareil IVêtemenl ? Quel est voire dessein ? — Que tu n
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.éei , ser-
Je m'y résigne; vous ne me verrez point fuir devant vos ; épées; mais au nom de Dieu tout-puissant, je vous dé- ^ fends de toucher à aucun de mes compagnons, clerc ou iaiqne, grand ou petit. » Dans ce moment il reçut par [ derrière un coup de plat d'épée entre les épaules, et \ celui qui le lui porta lui dit : <i: Fuis, ou tu es mort. )> Il ne fit pas un mouvement ; les hommes d'armes entreprirent de le tirer hors de l'église, se faisant scrupule de l'y tuer. Il se débattit contre eux, et déclara fermement qu'il ne sortirait point, et les contraindrait à exécuter sur la place même leurs intentions ou leurs ordres. Renaud dit : c Tu es mort. » — Puis il leva son épée, et d'un même coup de revers trancha la main d'un moine Saxon appelé Edward Cryn, et blessa Becket à la tète. Un second coup, porté par un autre Normand, le renversa la fece contre terre, et fut asséné avec une telle violence que Tépée se brisa sur le pavé. Un homme d'armes, appelé Guillaume Mautrait, poussa du pied le cadavre immobile, en disant : c Qu'ainsi meure le traître qui a troublé le royaume et fait insurger les Anglais. »
Il disait en s'en allant : « Il a voulu être roi, et plus que roi, eh bien ! qu'il soit roi maintenant !» Et au milieu de ces bravades, ils n'étaient pas rassurés. L'un d'eux rentra dans l'église, pour voir s'il était bien mort; il lui plongea encore son épée dans la tête, et fit jaillir la cervelle. Il ne pouvait le tuer assez à son gré.
XXËVOnON DE SAINT LOUIS. — SES DERNIÈRES PAROLES
Saint Louis, le roi le plus pieux du moyen âge, a fait deux croisades, 1248-1270. Il fut fait prisonnier dans la première et mourut au commencement de la seconde.
Les revers de la croisade, les scandales dont le siècle
J. HICHELXT.
abonilait, les doutes qui s'élevaient de toutes parts, 1' fonçaient d'autant plus dans ta vie inlérieure. Cette Ai tendre et pieuse, blessée au dehors daus tousses amours, se retirait au dcdaus el cherchait en soi. La lecture et la contemplation devinrent toute sa vie. Il se mit à lire l'Écriture et les Pères, surtout saint Augustin. 11 fil copier des manuscrits, se forma une bibliothèque : c'est de ce faible commencement que la Bibliothèque royale' devait sortir. Il se faisait faire des lenlures pieuses pendant le repas, et le soir au moment de s'endormir. Il ne
' pouvait rassasier son cœur d'oraisons et de prières. Il restait souvent si longtemps prosterné, qu'on se relevant, dit l'historien, il était saisi de vertige et disait tout bas aux chambellans : a Où suis-je ? > Il craignait d'être en-
j tendu de ses chevaliers,
Ces pieuses larmes, ces mystiques extases, ces m] tères de l'amour divin, tout cela est dans la merveillei petite église de saint Louis, dans la sainte Chapelli Eglise toute mystique, tout arabe d'architecture, qu'il Gt bâtir au retour de la croisade par Eudes de Monlreuit, qu'il y avait mené avec lui. Un monde de religion et de poésie, tout un Orient chrétien est en ces vitraux, dans cette fragile et précieuse peinture. Mais la chapelle n'était pas encore assez retirée, et pas même Vil cennes^ dans ses bois alors si profonds- Il lui fallait Thébaïde * de Fontainebleau '', ses déserts de grès et de lex, cette dure et pénitente nature, ces rocs retentissant:
I pleins d'apparitions et de légendes. Il y bâtit un ermitage