Sobriquet i. Muiulniin 3. L'AnglBlBt
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t^reS avait besoin de pareilles gens pour exécuter ses projets contre les barons. Il prit ce Thomas qui avait étadié le droit à Bologne' et aussi à Auxerre et qui était alors au service de Tarchevéque de Kcnterbury^. Becket devint le précepteur du fils, le chancelier du père. Comme tel, il soutenait âprement les droits du roi contre les barons, contre les évéques normands.
Henri voulait avoir TÉglise dans sa main. Il fallait d'abord s'assurer de la tète, je veux dire de l'archevêché de Kenterbury. C'était presque un patriarcat, une papauté anglicane^, une royauté ecclésiastique, indispensable pour compléter l'autre. Henri résolut de la prendre pour lui, en la donnant à un second lui-même, à son bon ami Becket, bien qu'il eût reçu seulement les premiers ordres, et ne fût aussi ni prêtre ni laïque, pour cela même propre à tout et prêt à tout.
Les archevêques de Kenterbury n'étaient pas seulement primats d'Angleterre; ils se trouvaient avoir en quelque sorte un caractère politique. Nous les trouvons presque toujours à la tête des résistances nationales, mais ce fut un matin une grande surprise pour le roi d'Angleterre d'apprendre que Thomas Becket, sa créature, son joyeux compagnon, prenait au sérieux sa nouvelle dignité. Le chancelier, le mondain, le courtisan, se ressouvint tout à coup qu'il était peuple. Le fils du Saxon redevint Saxon, et fit oublier sa mère sarrasine par sa sainteté. Il s'entoura des Saxons, des pauvres, des mendiants, revêtit leur habit grossier, mangea avec eux et comme eux. Désormais, il s'éloigna du roi, et rési-
1. Henri II éuit flli du comte d'Anjou et liéritier de l'Angleterre par sa mère ; il lui avait fallu conquérir son royaume.
S. En Italie; c'était la plus grande
école de droit d'Europe.