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Tombe

7. Citation do Joînville, ami de saint Louis, qui a écrit sa vie.

I 483 J. M1CHF.LET.

maison de l'iiomme, celte misérable masure nait le soir, n'étail qu'un ubrl moraentaiié. Il n'y m\ qu'une maison, à vrai dire, la maison de Dieu. Ce ii' pas en vain que l'église avait droit d'asile ' ; c était alo l'asile universel, la vie sociale s'y était réfugiée tooli entière. L'homme y priait, la commune y délibérait. Il cloche était la voix de la cité. Elle appelait aux IraviiM des champs, aux aJTaires civiles, quelquefois aux batailles de la liberté. En Italie, c'est dans les églises que le peuple souverain s'assemblait. C'est à Saint-Marc' que les députés de l'Europe vinrent demander une Hott

I pour la quatrième croisade''. Le commerce se Taisait ai

■'tour des églises : les pèlerinages étaient des foires. ~ marchandises étaient bénies. Les animaux, comme aujourd'hui encore à Naples, étaient amenés à la béuédiction ; l'Eglise ne la refusait point ; elle laissait approchef ces petits. Naguère, à Paris, les jambons de Pâques étaient vendus au parvis Solre-Dame', et chacun, en les emportant, les faisait bénir. Autrefois, on faisut mieux i on mangeait dans l'église même, el après repas venait la danse. L'Église se prêtait <t ces joies famines.

Le culte était un dialogue tendre entre Dieu, l'Églî et le peuple, exprimant la même pensée. Elle et lui, sur un ton grave et passionné tour à tour, mêlaient la vieille langue sacrée et la langue du peuple. La solennité des prières était rompue, dramatisée de chants pathétiques, comme ce dialogue des vierges folles et des vierges sages

. qui nous a été conservé. Le peuple élevait la voix, ni

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àni;hologie. 283

pas le peuple fictif qui parle dans le chœur, mais le vrai peuple venu du dehors, lorsqu'il entrait, innombrable, tnmaltueux, par tous les vomitoires de la cathédrale, avec sa grande voix confuse, géant enfant, comme le saint Christophe de la légende S brut, ignorant, passionné, mais docile, implorant l'initiation, demandant à porter le Christ sur ses épaules colossales. Il entrait, amenant dansTéglise le hideux dragon du péché ^; il le traînait, soûlé de victuailles, aux pieds du Sauveur, sous le coup de la prière qui doit l'immoler. Quelquefois aussi, reconnaissant que la bestialité était en lui-même, il exposait dans des extravagances symboliques sa misère, son infirmité. C'est ce qu'on appelait la fête des fous. Cette imitation de l'orgie païenne, tolérée par le christianisme, comme l'adieu de l'homme à la sensualité qu'il abjurait, se reproduisait aux fêtes de l'enfance du Christ, à la Circoncision, aux Rois, aux Saint-Innocents, et aussi aux jours où l'humanité, sauvée du démon, tombait dans rÎYresse de la joie, à Noël et à Pâques. Le clergé luimême y prenait part. Ici les chanoines jouaient à la balle dans l'église, là on traînait outrageusement l'odieux hareng du carême^. La bête comme l'homme était réhabilitée. L'humble témoin de la naissance du Sauveur, le fidèle animal qui de son haleine le réchauffa tout petit dans la crèche, qui le porta avec sa mère en Egypte, qui ramena triomphant dans Jérusalem*, il avait sa part de la joie. Sobriété, patience, ferme résignation, le moyen &ge distinguait en l'âne je ne sais combien de vertus chrétiennes. Pourquoi eût-on rougi de lui ? Le Sauveur

1. La légende représente saint Christophe eomme un bon géant qui a porté Jésus-Christ enfant sur ses épaules.

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