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d'AneleU
ses gros habils rouges de paysanne, et alla luger a^ec son oncle chez la Temme d'un charron, qai la prit en amitié. Elle se fit mener chez Bandricourt', et lui dll avec l'ermelé a qu'elle venait vers lui de la part de sou Seigneur, pour qu'il mandat au Dauphin' de se bien niainlenir, et qu'il n'assignilt point de bataille à ses ennemis; pnrce que son Seigneur lui donnerait secourt dans lami-carèrne... le royaume n'appartenait passa Dauphin, mais il son Seigneur; toutefois son Seigneur voulait quele Dauphin devînt roi, elqu'ileutcerojauma en dépAt. ï Elle ajoutait que malgré les ennemis du Dauphin, il serait fait roi, et qu'elle le mènerait sacrer.
Le capitaine fut bien élouné; il soupçonna qu'il j avait là quelque diablerie'. Il consulta le curé, quîapparemmejit eut les mêmes doules. Elle n'avait parlé dft ses visions à aucun homme d'Église. Le curé vint done avec le capitaine dans la maison du charron, il déploji son étole et adjura Jeanne de s'éloigner, si elle était envoyée du mauvais esprit.
Mais le peuple ne doutait point; il était dans l'admi* ration. De toutes parts on venait la voir. Un gentilhomi lui dit, pour l'éprouver : « Eh bien ! ma mie, il faut donc que le roi soit chassé et que nous devenions A* glais. X Elle se plaignit à lui du refus de BaudricourI c Et cependant, dit-elle, avant qu'il soit la mi-carèmej il faut que je sois devers le roi, dussé-je, pour m'y rett dre, user mes jambes jusqu'aux genoux. Car personne monde, ni roi, ni duc. ni fille du roi d'Ecosse, ne pea yenl reprendre le royaume de France, et il n'y a pou lui de secours que moi-même, quoique j'aimasse mîeu restera tiler près de ma pauvre mère; car ce n'est pas]
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mon ouvrage! Mais il faut que j'aille et que je le fasse parce que mon Seigneur le veul. — Et quel est votre Seigneui'? — C'est Diou !... » Le gentilhomme fui touché. Il Itii promit a par sa foi, la main d;ms la sienne, que, sous la conduite de Dieu, il la mènerait au rni, » Un jeune gentilhomme se sentit aussi touché, et déclara qu'il suivrait celte nainle fille.
Il paraît que Baudricourt envoya demander l'autorisation du roi. En atlendanl, il la conduisit chej: le duc de Lorraine ', qui était malade et voulait la consulter. Le doc n'en lira rien que le conseil d'apaiser Dieu en se réconciliant avec sa femme. Néanmoins il l'encouragea.
De retour à Vaucouleurs, elle y trouva un messager du roi qui l'autorisait à venir. Le revers de la journée des harengs' décidaità essajer de tous les moyens. Elle avait anno[LCé le combat le jour même qu'il eut lieu. Les gens de Vauroulours, ne doutant point de sa mission, se cotisèrent pour l'équiper et lui acheler un cheval. Le capitaine ne lui donjia qu'une épée.
Elle eut encore en ce moment un ohstacle à surmonter. Ses parents, instruits de son prochain départ, avaient lailli en perdre le sens; ils firent les derniers efforts pour la retenir; ils orrlormèrenl, ils menacèrent. Elle résista à cette dernière épreuve et leur fit écrire qu'elle les priait de lui pardonner.
C'était un rude voyage et bien périlleux qu'elle entreprenait. Tout le pays était parcouru par les hommes d'armes des deux partis. Il n'y avait plus ni route ni pont, les rivières étaient grosses: c'était au mois de février 1429.