Ls duché do Lon
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ï. Vaimes du CLiaj
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S'en aller ain.si avec cinq ou sin hommes d'amtWri^ y avait de quoi faire Irembler une fille. Une Anglaise, une Allemande, ne s'y lut jamais risquée ;rtii(/é(ic(it(nu d'une telle démarche lut eût fait horreur. Celle-ri m s'en émut pus; elle était justement troji pure pour rieii craindre de ce cblé. Elle avait pris l'habit d'honiiDe,Bl elle ne le quitta plus ;cet habit serré, forlemeiilaltachè, était -'^a meilleure sauvegarde. Elle était pourtant jeanc et belle. Maisiiy avait autour d'elle, pour ceux même qui la voyaient de plus près, une barrière de religion et de crainte.
Elle traversait avec une sérénité héroïque loulcepa}s désert ou infesté de soldats. Ses compagnons regrettaient bien d'être partis avec elle; quelques-uns pensaient qut peul-étre elle était sorcière; ils avaient grande envio dt l'abandonner. Pour elle, elle était lellemeat paisible,, qu'à chaque ville elle voulait s'arrêter pour entendre lu messe : v Ne craignez rien, disait-elle, Dieu me fait c route; c'est pour cela que je suis née. s Et encore; < Mes frères de paradis me disent ce que j'ai à faire. »
La cour de Charles Vil était loin d'être nnanimeei faveur de la Pucelle. Celle' fille inspirée qui arrivait dl Lorraine et que le duc de Lorraine avait encouragée; ne pouvait manquer de fortifier pr^a du roi le parti df la reine el de sa mère, le parti de Lorraine et d'Anjou Une embuscade fut dressée à la Pucelle à quelque distance de Cliinon», et elle n'y échappa que par miracla;
L'opposition était si forte contre elle que, lorsqu'elU fut arrivée, le conseil discuta encore pendant deuxjours si le roi la verrait. ïSes ennemis crurent ajourner raffairfr
AI«TUOLOGIE.
indéfiniment en faisant décider qu'on prendrait des informations dans son pays. Heureusement, elle avait aussi des amis, les deux reines, sans doute, et surtout le duc d'Âlençon^, qui, sorti récemment des mains des Anglais, était fort impatient déporter la guerre dans le Nord pour recouvrer son duché. Les gens d'Orléans, à qui, depuis le 12 février, Dunois3 promettait ce merveilleux secours, envoyèrent au roi et réclamèrent la Pucelle.
Le roi la reçut enfin, et au milieu du plus grand appareil ; on espérait apparemment qu'elle serait déconcertée. C'était le soir, cinquante torches éclairaient la salle, nombre de seigneurs, plus de trois cents chevaliers étaient réunis autour du roi. Tout le monde était curieux de voir la sorcière ou l'inspirée.
La sorcière avait dix-huit ans; c'était une belle fille, assez grande de taille, la voix douce et pénétrante.
Elle se présenta humblement, ce comme une pauvre petite bergerette :^, démêla au premier regard le roi, qui s*était mêlé exprès à la foule des seigneurs, et quoiqu'il soutint d'abord qu'il n'était pas le roi, elle lui embrassa les genoux. Mais, comme il n'était pas sacré ^, elle ne l'appelait que Dauphin : «Gentil Dauphin, dit-elle, j'ai nom Jehanne la Pucelle. Le roi des cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims et vous serez lieutenant du roi des cieux, qui est le roi de France. » Le roi la prit alors à part, et après un moment d'entretien tous deux changèrent de visage; elle lui disait, comme elle l'a raconté depuis à son confesseur : c Je te dis de la part de Messire, que tu es vrai héritier de France et fils du roi. :»
i. Au sud de la Normandie.