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PASSAGE DES ALPES PAR L'ARBSÉE FRANÇAISE

Les expéditions des rois do France en Italie, de Charles VU à François 1^', donnèrent occasion aux fantassins français de montrer leurs qualités militaires.

L'Angleterre eut ses fantassins à Poitiers, à Azincourt*, et pourtant elle ne créa pas une tradition d'infanterie. L'Espagne eut ses fantassins, sous Charles-Quint, Philippe II, et jusqu'à Rocroy*; cette tradition commencée s'arrête au xvi* siècle. Mais la France, dès Charles VIII, par ses Gascons et ses Bretons, dès Louis XII, par ses Picards et autres Français du Nord, sous François I*% par l'institution des légions provinciales^, commença une tradition durable qui se perpétue jusqu'à nous. Dans la courte et foudroyante campagne de Gaston de Foix *, on entrevit le Français comme premier marcheur du monde; c'est dire, éminemment soldat. Au premier passage des Alpes, sous François P""*, on le vit comme le grand, l'admirable ouvrier de guerre (qu'a décrit le général Foy ® dans les guerres de la Péninsule^), improvisant de ses mains, de sa brûlante activité, mille moyens subits, inconnus, sachant tout à coup, au jour du péril, les arts qu'il n'apprit jamais, frayant des voies inattendues par les abîmes où le chasseur ne se hasardait qu'en trem-

1. Les deux grandes victoires des Anglais dans la guerre de Cent ans.

2. Bataille gagnée par les Français en 1643, après une longue résistance do l'infanterie espagnole.

3. C'étaient des régiments' de six mUle hommes qui devaient être recrutés tous dans la même province.

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