‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 168 sur 258 · L'lnqu[!ilion · texte numérisé non relu

L'lnqu[!ilion

raisins dorés, c'est un délicieux dernier nid pour reposer et boire encore ce qui resterait de la vie, une goutte réservée de vendange.

Mais ce sont les blessés surtout, les blessés du cœur, qui ont affectionné ce lieu. Saint Louis, dans ses tristesses profondes sur la ruine du moyen âge, vient prier dans cette forêt. Louis XIV, vaincu, fuit Versailles, ses triomphes en peinture qui ne sont plus qu'ironie, et cherche à Fontainebleau un peu de silence et d'ombre.

Là aussi François P% découragé des guerres lointaines, veuf de son rêve, l'Italie, se fait une Italie française. Il y a refait les galeries, les promenoirs élégants, commodes et bien exposés des villas lombardes qu'il ne verra plus Il fait sa galerie d'Ulysse. Son Odyssée est finie. Il accepte, la destinée le voulant ainsi, son Ithaque.

Tous honorèrent les artistes. Mais François P' les aima.

Les exilés italiens trouvèrent en lui une consolation, la plus grande : il les imitait, prenait leurs manières, leur costume et presque leur langue. Lorsque le grand Léonard de Vinci* vint chez lui, en 1518, il fut l'objetd'une telle idolâtrie, qu'à son âge de quatre-vingts ans il changea la mode et fut copié par le roi et toute la cour pour . les habits, pour la coupe de barbe et de cheveux. Tout le monde, à son exemple, prononçait à l'italienne. On le voit par les lettres de Marguerite*, qui écrit comme elle prononce : chouse pour chosCj fouse pour j'ose, ous pour os, etc.

Le sac de Rome en 15273,1a chute de Florence en I532\ avaient été en quelque sorte une ère de dispersion pour

1. Un des plus grands peintres de la Renaissance, chef de l'école lom-

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