La république de Florence tomba au pouvoir des Mcdicis
l'Italie. La concentration fui brisée. L'arf îtanElItejîrto aux quatre vents. Jules Romain' s'en va à ManloDe, el< biltit uno ville, avec le palais, les peintures du EDon^le écroulé, la lutte des géants contre les dieux. D'autres s'en vont au fond du Nord, s'inspirent de son génie barbare, et, pour le monstrueux empire d'Iwan le Terrible', bàtissenl le monstre du Kremlin'. D'aulres encore vicDnenl en France; dans la matière la plus rebelle, Ip grès de Ponlainebleau, ils trouvent des effets imprévus, siugulièremcnl en rapport avec le mystère du paysage, avec l'obscure et sombre énigme de la politique des rois. De lace» Mercures, ces mascarous effrayauls de la cour ovoUi de là ces Atlas surprenants qui gardent les bains dans la [ cour du Cheval blanc, hommes-rochers qui cherchent encore depuis trois cents ans leur forme et leur Sme, témoignant du moins qu'en la pierre il y a le rêve isni de l'être et la velléité de devenir.
Je ne suis pas loin de croire que ces Italiens, ayant perdu terre, dépaysés, quittes de leur public et de li ~ critiques, d'autant plus libres en terre barbare qi étaient sûrs d'être admirés, prirent ici une hardiet qu'ils n'avaient pas eue chez euï'. Le Rosso^ n'aya| affaire qu'à un maître qui ne voulait qu'amusement, < disait toujours : Oses, a, pour la petite galerie favoril du malade, fondu tous les arts ensemble dans la | fantasque audace.
C'est la nature, et c'est un ravissement.
Plus l'Vaiivuis I" déclina, plus il fut amoureux i
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arts. On sait son root à Cellîni* : <c Je fétoufîerai dans l'or.)» £t, quand la petite galerie lui fut ouverte par Rosso, il dit : « Je te fais chanoine. » Ce pieux artiste eut un canonicat de la sainte Chapelle.
Rosso n'en profita guère. Pour un chagrin, il se tua. Et ce fut aussi le sort du grand et charmant André del Sarte^. Du moins, avant son malheur, il ramassa tout son génie, et fit pour François l" le plus frémissant tableau qui ait été peint jamais : cette chose vivante et brûlante comme une haleine de Dieu, la Charité (qui est au Louvi-e) !
Pour orner sa chambre, François P' n'appela pas un étranger ; il prit un Français, un jeune homme, la main ravissante de ce magicien Jean Goujon^, qui donnait aux pierres la grâce ondoyante, le souffle de la France, qui sut faire couler le marbre comme nos eaux indécises, lui donner le balancement des grandes herbes éphémères et des flottantes moissons.
Les cariatides de cette chambre mystérieuse semblent on essai du jeune homme, essai hardi, incorrect et heureux. Oùa-t-il pris ces corps charmants, si peu proportionnés, nymphes étranges, improbables, infiniment longues et flexibles? Sont-ce les peupliers de Fontainebelle-eau, les joncs de son ruisseau, ou les vignes de Thomery* dans leurs capricieux rameaux, qui ont revêtu la figure humaine ? Les rêves de la forêt, les songes éPune nuit d'été^j qui ne se laissaient voir que dans le sommeil pour être regrettés au matin, ont été saisis au passage par cette main vive et délicate. Les voilà, ces