LES INSECTES DES TROPIQUES
Dans aucun pays les insectes ne sont aussi actifs et aussi brillants que dans les régions brûlantes et humides des tropiques.
Je les avais vus là, pourtant, sous des cadres et dans des boîtes*, aussi morts que dans la nature ils furent ardents et fourmillants. Qu'eût-ce donc été de les voir dans l'animation, vivants, surtout dans les climats de feu où ils abondent et surabondent, où tout s'harmonise avec eux, où l'air, où l'eau, où la flore, imprégnés de flammes fécondes, rivalisent avec l'âpre ardeur des légions animales pour la fureur de l'amour, la production précipitée et renouvelée sans cesse par la mort impatiente ?
Les forêts américaines du Brésil et de la Guyane sont les redoutables officines où se brasse incessamment le grand échange des êtres. La féerie bizarre du règne végétal s'accorde à celle des forces animées. Des cris sauvages, âpres, plaintifs, non des chants, en sont le concert. Des voix étranges d'oiseaux dans les bois, dans les savanes, se relayent vibrantes, rauques, mais régulières et