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LES PSAUMES DE LUTHER

Michclet décrit rimprcssion produite par les psaumes sur les hommes du xvi* siècle. Luther, le réformateur allemand, est l'auteur de quelques psaumes ; mais il n*a pas eu rinfluence musicale que lui attribue Michelct.

U harmonie, le chant en partie*, à peine entrevus du moyen âge, dominèrent, se développèrent dans le^ grandes assemblées religieuses du xvp siècle. Vharmoni^ n'était pas là de convenance, de système et d'art; elle s^ faisait d'elle-même par la différence concordante des sexes et des âges; les fortes et basses voix d'hommes y mettaient la gravité sainte de la grande parole biblique ; les tendres et pathétiques voix de femmes y faisaient pleurer l'Évangile, tandis que les petits enfants enlevaient la symphonie au paradis de l'avenir.

C'est Luther qui commença, et alors toute la terre chanta, tous, protestants et catholiques. De Luther naquit Goudimel', le professeur de Rome et le maître de Palestrina^.

Ce fut un chant vrai, libre, pur, un chant du fond du cœur, le chant de ceux qui pleurent et qui sont consolés.

1. Dans lequel le chœur est divisé en plusieurs groupes (parties) qui chantent ensemble sans chanter les mêmes notes. Le système avait été inventé, dit-on, par un moine flamand du XII* siècle.

â. Musicien franc-^comtois établi à Rome depuis 1540. Tué à Lyon en 1573, lors du massacre des calvinistes.

3. Musicien italien (1539-1594), auteur de célèbres messes en musique.

la. joie divine parmi les larmes de la terre, un aperçu du cîd.

Les chants mystiques et solitaires du moyen âge étaient trempés de pleurs. De tous ces grands mystiques, pas un n'a eu la joie. Ils ont gémi, langui et attendu. Ils sont morts dans l'attente. Ils ont beaucoup aimé, mais leur amour ne s'affranchit jamais des pensées troubles. Ils restèrent tristes et inquiets.

Au contraire Luther est IsLJoie, le rire héroïque.

La joie de l'inventeur, heureux d'avoir trouvé et heureux de donner, celle qui sourit dans les dialogues de Galilée S qui éclate d'un naïf orgueil dans Linné', dans Keppler^.

La joie du combattant au moment des batailles.

La joie du vrai fort, du héros, ferme sur le roc de la conscience, serein contre tous les périls et tous les maux du inonde.

Et par-dessus ces joies de la force, Luther eut celles du. cœur, celles de l'homme, le bonheur innocent de la ÛLinille et du foyer. Quelle famille plus sainte et quel feyer plus pur?... Table sacrée, hospitalière, où moinième, longtemps admis, j'ai trouvé tant de fruits divins* dont mon cœur vit encore ^ ! Avec son petit Jean Luther, i^ m'enallais, suivant le bon docteur, au verger, où, tendrement, gravement, il prêchait les oiseaux, ou bien encore dans les blés mûrs qui le faisaient pleurer de reconnaissance et d'amour de Dieu.

1. Savant italien du xvii* siècle, un des créateurs do la physique.

S. Naturaliste suédois du xviiP siècle, le créateur de la botanique.

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