Dass le Discours de la mé^ thode
J. MICIIËLET.
lards plus que le soleil de Touraine ? Deniaridez à Reffl-
brandt'. C'eslluî qui fait sentir encore la chaleurdutojer
i, où la libre pensée, j'ouissanl d'elle-même,
I rant aux lueurs de la réflexion conceiilrée, vil cent choses
profondes que ne voit pas le jour du ciel.
Rembrandt sait bien qu'il n'a pas besoin d'imaginer vaines merveilles. H tourne le dos à la fantaisie. Il que faire des diables de Millon', des Titaiiia de Shakespeare^. Une famille, un rayon de lumière, et pas ruÈme un rayon, une dernière lueur do l'àlre éteint, avec cet» il prend le cœur. Dans un do ces tableaux, la vieille dame écoute ou s'endort, la jeune fille lit la Bible; eiilrc elles l'eufant dans le berceau. Mais où donc est le pèKÎ Absent. Peut-être aux Indes? El, s'il étail noyé, qu'idviendrait-il de ce doux nid, si bien arrangé par dem femmes? Vraiment, je ne suis pas tranquille. Les viinls de la mer grondent aulour,ou peul-Clre,cequej'enten'K c'est un océan plus sauvage, l'horreur de l'invasion.
Voilà ce qui me trouble à l'approche de la gnoi'H. c'est que le vrai foyer, la maison, l'intérieur étail ici bien plus qu'ailleurs. Et c'est cela qui va être détruit, La niai' son Dous révèle tout. Les vastes galetas où l'on caïupc dans les châteaux du moyen Sge, les casernes cnnujei que le xviii' siècle fait en France et partout, disent la vie communiste, le pêle-méie misérable où l'on v C'est tard, bien tard, vers la (in de Louis XIV, qu'on gina l'obscur entresol et la mansarde sous les toits, i sarde sans cheminée, où grelotte le domestique, la qui gèle et coud dans les nuits de Janvier. Il y a loin
1. PsiDtre hollaDdals (le<ie-16i)a|. 1 Pnradli perdu. 8. Millon, iwéle anflai» du XVK- I 3. TfUnia ri1 i
wiiUï'iuidéluuasiuatIo |>uùmo Ju '
là à la bonne maison hollandaise. Quelle maison ? Très pauvre souvent, toujours très bonne*: une chaumière avec sa cigogne* et ses nids d'hirondelles, la simple barque, la grosse barque ventrue de Hollande dont rient les sots (qui s'entend au bonheur?). Elle n'en va pas moins, cette barque au complet (mari, femme, enfants, chiens, oiseaux), elle va, lente et paisible, par les mers les plus dangereuses; petit monde harmonique, si content de luimême qu'il se soucie peu d'arriver.
Quand on se promène à Sardam * et aux côtes voisines, qu'on entre dans ces barques,qu'on voit Tattitude si simple, deces hommes si hardis, on sentbien que c'est là le marin naturel, sans orgueil, sans emphase, l'amphibie véritable. Plusieurs n'ont jamais débarqué. Race bien supérieure à toutes celles des émigrants qu'ils ont reçus de partout, dans leur bonhomie confiante, qui leur devint si funeste aumoment de l'invasion.
Les grands fleuves qui aboutissent à cette dernière langue du continent européen l'encombrent sans pitié d'un résidu énorme : sable, boues, débris enlevés. Le Rhin, qui se tord sur la Suisse, non content d'emporter les terres que les torrents arrachent, recueille sur sa route tout ce que l'Allemagne y traîne de fange, et il pousse tout cela, par ses bouches bourbeuses, sur la Hollande^ qui en serait enterrée sans un travail énorme de curage. Eh bien, elle ne recevait pas un moindre encombrement d'alluvions humaines. Ce torrent trouble qui, aujourd'hui, noie la vaste Amériques, comment n'auraitil pas submergé le petit pays ?