MADAME DE MAINTENON
 purtir de la mort de la reine, Louis XIV vécut avec madame de Maintenon qu'il avait épousée secrètement. Elle était de famille noble, mais pauvre, et avait épousé très jeune le poète Scarron. Devenue veuve, elle fut prise par madame de Montespan pour servir de gouvernante aux enfants qu'elle avait eus du roi. C'est ainsi que Louis XIV la coftnut.
Le roi tua la reine comme il avait tué Colbert, sans
1. CliAtonu voisin de Versailles, l)Ati au xvn* bidclc, aujourd'hui détruit.
â. Où madamo do Maintcnon établit un institut pour les demoisollcs pauvres.
3. Los conduits qui amènent les eaux dans lus bassins ot les jets d'eau.
4. On appelle ainsi un aqueduc romain qui traverse la vallée du Gard.
5. Hospice destiné à recevoir les soldats infirmes, bâti en 1670-1675.
G. Près du château de ce nom. U fallut arrêter les travaux avant d'avoir pu amener les eaux de TKure à Versailles.
s'en apercevoir. Il l'emmena, par une grande chaleur, dans un long et fatigant voyage. Elle était replète, toute ronde, fort molle. Au retour, elle mourut (30 juillet 4683). Madame de Maintenon, gouvernante des enfants du roi, la quittait expirée et sortait de la chambre, lorsque M. de la Rochefoucauld la prit par le bras, lui dit : < Le roi a besoin de vous. y> A Tinstant tous les deux partirent pour Saint-Cloud^ Bientôt il Tépousa secrètement.
Dans le grand portrait de Versailles, les quarantesept ans qu'elle avait en 1683 sont finement datés, surtout par Tâge de mademoiselle de ValoisS de six ans, qui se jette entre ses genoux. Enveloppée habilement, ne montrant que ce qu'elle veut, elle est mise à merveille, dans une prude coquetterie, un riche noir, inondé de dentelles. Tout est douteux. Elle regarde, ne regarde pas. Elle tient une rose, pas trop rose, un peu elîeuillée, dont les tons semi-violets s'harmonisent fort bien au noir.
Elle a la tête assez petite, mais ronde et décidée. Rien de classique. Jeune, on l'appelait la belle Indienne ; mais elle dut être plutôt jolie, une miniature créole à petits traits.
Le point noté par Saint-Simon^ est ici manifeste. Elle avait de la suite parefTort et par volonté; mais de nature elle était variable, sujette à de brusques revirements. Ce visage-là n'est pas sûr. Il ne révèle en rien la bonté, l'intimité douce, l'égalité d'humeur. Il indique plutôt un esprit inquiet, mobile, qui dira oui et non. Il y a de l'ardeur dans le regard, mais il est dur, d'une flamme sèche qu'on voit peu chez la femme, parfois chez le
i. ViUage à Touest de Paris. | 3. Auteur de Mémoires sur le rè-