‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 195 sur 258 · Villiço au î. Quille b6 a. L'abbiye < 4. C'ilail la · texte numérisé non relu

Villiço au î. Quille b6 a. L'abbiye < 4. C'ilail la

gulièrement agréable. Il alla seul et les surprit. Lors qu'on annonça : le roi t ce fut un coup de foudre. Les dames dirigeantes, toutes jeunes et très belles, le furent encore plus du saisissement. Les petites eurent tant peur que, toutes curieuses qu'elles étaient, pas une n'osa regarder. Ces tremblantes colombes le touchèrent fort. Il les avait faites orphelines, et la plupart n'avaient de père que lui. La grande obéissance qu'elles rendaient à ses volontés, avant soumis leur foi, donné le cœur du cœur, immolé jusqu'aux souvenirs? quel triomphe absolu!... Nul plaisir plus exquis n'eût pu flatterie roi et l'homme.

Tout était calculé, le costume agréable. Les dames, dans un noir élégant, avaient la coiffure à la mode, le visage encadré d'une sorte d'écharpe, nouée sous le menton, mais quelque peu flottante et chiffonnée à volonté, dont on tirait les plus charmants effets. C'était un demivoile mondain, avant le voile de religieuse qu'elles étaient destinées à porter. Le roi ne tint pas d'abord à exiger ce sacrifice et dit c qu'il y avait déjà trop de couvents ». On n'exigea que des vœux simples.

Le costume des petites, de modeste étoffe brune, se relevait et par le linge et par la bordure de couleur, diverse selon la classe. Un peu de dentelle au cou montrait la demoiselle. On laissait passer de jolis cheveux. Le bonnet seul déplut, il était trop serré et il en faisait des béguines*; le roi y fit ajouter un ruban.

11 fit venir Louvois, et il l'envoya maugréant, pour madame de Maintenon, chercher, choisir, bâtir une maison digne d'une telle fondation. Ce fut Saint-Cyr. Le lieu n'était pas gai. Cependant quand les demoiselles virent ce que le roi avait fait pour elles, quand elles entrèrent

1. Femmes réunies en congrégations pour mener ensemble une tie religieuse.

dans ces bâtiments vastes, ces jardins sérieux, mais non sans quelques fleurs, elles furent reconnaissantes. Il relevait de maladie (1687). Elles le reçurent, à sa première visite, par un beau chant, qu'avait composé madame Brinon, leur supérieure, et que Lulli * avait orné de sa mélodie grave et tendre. C'était le chant célèbre: <c Dieu sauve le roi ! }» que les Anglais nous ont pris sans façon*.

Le roi croyait, beaucoup croient et répètent que madame de Maintenon était fort judicieuse. Dans les grandes affaires, en conseil, il s'arrêtait parfois, lui disait: ^ Qu'en pense votre solidité ? » Cette solidité ici ne paraît guère. Une éducation contradictoire de dévotion et de cour ne pouvait porter de fruit. Elle était extérieure, n'allait pas au cœur même; elle imposait surtout la convenance.

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