‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 206 sur 258 · En ITOU · texte numérisé non relu

En ITOU

]. MICUELET.

qiia. Il fil bon marché de lui-méine. Il n'y tenait pas,ïl

n'exigeait pas qu'on y tint. De la un abandon ^irangc, ui

I grand laisser aller, beaucoup d'indifférence pourleliie» el le mal. Il appelait cela aimer ta liberté. Et U cilail l'heureuse liberté de l'Angleterre sous Charles II'. Une chose lui fit grand lorl, d'avoir un héros faïoii, de vouloir être un Henri IV, de vouloir lui ressembler, même de Tisaije.

Il n'y avait aucun rapport. Sa bonne corpulence allemande ne rappelait guère le Béarnais. Sa face pleine el sanguine manquait du fameux nez. Il avait la ficililé, mais dausTaboudanceéloquente, non l'étincelle ilusilii.

» l'éclair gascon. Cette faiblesse d'imitation mena Idin ■d'Orléans. Si on l'eût laissé en Espagne, il eât nppelt Henri IV par sa valeur. Mais on lit croire au roi qu'il était ambitieux, qu'il supplanterait Philippe V et ou I» tint en caçe.

Le roi lui fil accepter la fille de madame de Moiile*pan. Déplorable union. Le jeune homme y senlK It froid de la morl. Rien au cœur. Un orgueil infernal d profond. Il l'appelait madame Lucifer, el ellecnsos- .Jait. Elle ne rêvait qu'une chose, faire régner son frt» le duc du Maine, etelle lui livrait tout ce qu'elle sava^ de son mari. Il ne l'ignorait pas. Il ne se fâcha poiilli le jeta dans le désordre. Il essayait parfois ai [i'étude, faisait de la chimie avec le célèbre Hnmba Îaint-Simon le blànie de ces vaines curiosités. Mais c'd fencore par là qu'il esl un vrai rcprésenlant du siècle. L'aimable génie de la France, lumineux, humai i^énéreux, éclate le lendemain de la mort de Louis XI lans lous les actes du rËgcnl.

P I. Hoi iI*Aligl0Urra (ItiljU-IUSi)-

Pour la première fois, le gouvernement a des entrailles humaines, et il sent la faim de la France. Il se demande : € A-t-onde quoi manger? 3> Il rend aux affamés le poisson et la viande. Suppression des droits sur la pêche, lihre entrée des bestiaux étrangers, du beurre, etc. Excellente mesure; mais achèteront-ils de la viande, ceux qui n'ont pas même de pain ?

La grande réforme économique commence par le roi même. Plus de cour régulière; plus de Versailles; le roi loge à Vincennes et le régent au Palais-Royal. On supprime Marly* et son jeu effréné.

Versailles était un monstre de faste et de dépenses, un gouffre de cuisine, de valetaille, de canaille dorée. Le roi y reviendra; mais ce ne sera jamais le même Versailles, avec ses logements innombrables, ses tables de Gargantua à tout venant, Téternelle mangerie d'un peuple de gloutons si terriblement endentés.

D'autres abus viendront, sournois, sous Fleury l'économe*, sous le froid Louis XV 0» ne reverra plus la solennité si coûteuse de Tancienne grande monarchie.

On réduit, supprime en partie la gigantesque armée fiscale de Louis XIV. Cent mille hommes pour lever l'impôt ! Tant de mains ! qui retenaient tant, qu'il n'en arrivait que le tiers !

La plupart des historiens se sont moqués de tout cela, parce que de ces nobles projets beaucoup restèrent sur le papier. A tort. Plusieurs s'exécutèrent et portèrent un fruit très réel. La comptabilité fut fondée pour toujours, la machine régularisée, La plupart des employés supprimés ne furent pas rétablis, et l'on fut définitivement allégé de ces lourdes charges.

4. Maison de campagne de I g. Le cardinal Flourj^ premier Louis XIV. { ministre de Louis XV.

J. MlCHEiET.

I Celaient les fruits du ta raison de tous, du goofcmeit eollcctif. Le rëgeni, magiianiinL'iiiËiU, aTaiUubslitué des conseils aux ministres, Fiiil appel ik la discunion rexameu, à la lumière. Pour la première fois, ello ntra dans l'antre de Cacus'. je veux dire dans Jes ténèbres n vieil arbitraire ministériel.

[ Pour qu'ils fussent parfaitement libres, le régent y mit ses ennemis, ses calomniateurs, tel i]m roubil q'ou lui coupât la télé, qui p.irluit de le poignarder, a avait dit : < Je serai son Brutus. > Mais wiui-U ait capable, inventif et de grand esprit. Le l'égent lui inna la première place, le fit chef du conseil An lances.

' Cet homme était l'homme de France, non pas l( eillcur, à coup sûr, mais, ce qui est tout autre rhoBC, iptus bon. La bonté, la bienveillance universelle, élail e fond de sa nature, brillait, charmait en tout. îtiun de 1, rien de dur. Pas même d'humeur dans les plus grands tiraillements. Une patience merveilleuse, excessive à écouler, supporterles impertinences de 1' aigres serments de l'autre. Ceux même qui souffraient te. plus des honteuses misères où il noya sa vie, le seolireutf â sa mort, irréparable, unique, pour la douceur du et pour la lumière de l'esprit.

Les portraits du régent (tout un volume ïn-folio, i \t flibliolhéque ') en font une admirable histoire, depuis premier {à douze ans), portrait doux, tendre, gai, df l'enfant le mieux doué qui fut jamais. Jusqu'il la grossU face bouffie, apoplectique qui, de si prés, louche à tt mort. Une chose est saillante pourtant dans le premii

■È. Le Bibll<iU>èr|u(i ndloMlc.

et le dernier : l'éléinent allemand qu'il tenait de sa mère, Madame, se marque dans Tenfant et reparaît à la fin.

Le Français se dégage dans les portraits intermédiaires svelte, élégant, vif à tout prendre au vol, avec un mélange italien, l'aptitude à tout art. Mais, avec cela, on sent bien que la fermeté manque, qu'il coulera, glissera ; il est visiblement facile et tout à tout.

Ses dons, brillants un moment, se fixèrent dans l'action, à Neerwinden*, à Turin, en Espagne, où il fit la guerre à merveille.

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