OBIGINE3 DE I.A FORTUNE DE VOLTAIRE
Hicliclat explique Eommeiit s'est pri^pardc la grande pcpnliriU Kde Voltairo. Voltaire, ni â Pam en 1604, s'api>e1ait de ion vi ■ Arouet, il était Tili d'un uuliiirc el uvail êti^ éipvé aux Jéinilti; S> B c'élait fait rettiarquer de IrËs bonne heure par sit facilité k tijn Ih et avait acquis trfcs vite une réputation do poète. Il fréqucnloil ■'le monde des seifçneurs, où il eut une querelle avec le du Ljtahan qui se vengea en lui faisant donner des coups de Ul< Fvoltaire annonça l'intention de demander raison de cette fanul r La famille de Rohan, très inlluenle i la cour, obtint de bitl I «nteraier Voltaire à la Bastille.
Voltaire dil qu'il resla près de deux ans en Angleleirt après son affaire avec le chevalier de Rohan el sa» tie de la Bastille (1726-1728). Déjà célèbre ici, il trouva là-bas absolument perdu. 11 n'y ou( que décepltc I 11 y apporfail 20 000 livres en un billet qui ne fui I payé. 11 fut trop heureux d'accepter un abri que offrit généreusement un marchand, M. Falkener, d la fort triste solitude de la campagne de Londres. II ùs\ rait sortir de celte position ennuyeuse par l'éclat de Henriade^, qu'il édita avec luxe et dépense. Mais pon quoi les Anglais auraient-ils aceueilli un poème où héros finit par se faire catholique? On sait d'aillei combien ce pays, en réalité, est fermé aux liltéralui étrangères. La Henriade inaperçue ne valut à l'aute que quelque guinées de la reine '.
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Grand honneur pour Voltaire de n'être ainsi gâté, mais négligé plutôt. Il garda son bon sens. Il vit peu, mais vit bien. Il vit bien d'abord les hauts côtés de l'Angleterre, qui sont bien moins Anglais qu'Awmaêws,* ilvitNewrton, Shakespearei.il était depuis quelques moisen Angleterre lorsque Newton mourut et qu'on fit, avec de prodigieux honneurs, son triomphant convoi à Westminster ^. Rien de plus grand, qui glorifiât davantage la sagesse anglaise.. Il la sentait partout dans la dignité libre des mœurs, des habitudes, la tolérance limitée (mais plus grande que partout ailleurs), la raisonnable estime du travail, de l'activité. L'hôte de Voltaire, Falkener, simple marchand de Londres, fut ambassadeur en Turquie.
Maurepas^ le laissa rentrer en France, non à Paris. Du moins la première fois que nous apercevons Voltaire, c'est chez un perruquier de Saint-Germain-en-Laye*, où très-probablement il reste un an, caché ou à peu près. Pendant tout ce temps, rien de lui. Pas une œuvre. A peine une lettre. Ce grand silence indique à quelles dures conditions il était rentré. La Henriade même, revenant d'Angleterre, ne fut que tolérée. Et quarante ans durant elle ne fut vendue qu'en gardant son titre de Londres.
Voltaire, à Saint-Germain, se trouva solitaire plus que dans la campagne anglaise, ne pouvant publier, muet. Cette année 4728 de grand silence (unique dans sa vie) lui profita beaucoup. Ce qui jusque-là le tenait inférieur, léger, faible, c'était la vie du monde, le besoin des petits
1. Il fit connaissance avec la théorie de la gravitation de Newton et avec les pièces de Shakespeare.
2. Abbaye près de Londres (aujourd'hui dans Londres morne), où
sont enterrés les souverains et les grands hommes de l'Angleterre.