Vastes plaines couvertes d'herbes
3. Tours hautes et minces qui font partie des mosquées orientales consacrées au culte musulman.
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plafonnés qu'on pourrait nommer des salles, enfin des logements pommodcs, amples, salubres, qui peuvent recevoir un grand peuple; bref, toute une cité souterraine.
Un lai^e couloir en spirale tournoie et monte doucement dans l'épaisseur de rédifice. Nulle ouverture, ni porto, ni fenêlre; les entrées et les sorties sont dissimul'ies, éloignées; elles aboutissent loin dans la plaine.
C'est la construction la plus considérable, la plus importante qui témoigne du génie des insectes; travail d'infinie patience et d'un art audacieux. 11 ne faut pas oublier que ces murs devenus si durs ont été d'abord friables et sujets à s'écrouler. Il a donc fallu pour monter si baut ce titanique' édifice une continuité d'efforts, de constructions provisoires, démolies successive meni quand elles avaient servi à permettre de construire plus haut. Les matons ont commencé par les pyramides extérieures d'un pied et demi ou de deux pieds, puis par celtes du second rang. Mais celles-ci étant solides et durcies, on en a intrépidement miné la base pour faire les couloirs, les corridors et l'escalier en spirale. Même opération sous le dôme, qu'on a évidé au dedans, de façon que la grande voûte creuse, avec son plancher inférieur, portât sur les voûtes étroites des quatre arcbes qui font le centre et la base de l'édifice.
Notez que le dôme porte sur lui-même, et que ses substructions lui suffiraient k la rigueur, les pyramides latérales n'étant que ses auxiliaires non indispensables. C'est là le principe de l'art véritable, franc, courageux, qui, comptant sur soi et sur son calcul, ne demande pas secours aux appuis extérieurs, n'a pas besoin d'arcs-bou-
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tanls ni de contreforts. C'est le système même de Brunelleschi^
Qui a porté Tart jusque-là? Il faut le dire, c'est Tutilité même. Le dôme aigu, les clochetons ou aiguilles sont combines à merveille pour résister aux pluies terribles des tropiques. Ce dôme tient Teau à distance et la fait écouler vite. Fût-il crevé, le plancher sur lequel il porte la ferait encore déborder, comme d'un toit, sur l'enceinte extérieure, qui la verserait à terre. Le dôme, creux comme un four, se réchauffe vile et s'imprègne de la puissante chaleur qu'il communique aux souterrains pour l'éclosion des œufs et pour le bien-être d'un peuple fort nu, et d'autant plus ami d'une température élevée.
Quand les espèces de termites qui vivent et logent dans le bois s'approchent malheureusement do nous, il n'est guère de moyen d'arrêter leurs ravages. Ils travaillent avec une rapidité, une vigueur incroyables. On les a vus en une nuit percer en longueur tout un pied de table même dans son épaisseur, et, toujours perçant, descendre par le pied opposé.
On s'imagine aisément l'effet d'un pareil travail poussé à travers les solives et la charpente d'une maison. Le pis, c'est qu'on est longtemps avant de s'en apercevoir. On continue de se fier à des appuis minés, qui tout à coup croulent un matin : on dort paisible sous des toits qui demain ne seront plus.
La ville de Valencia, dans la Nouvelle-Grenade*, minée par les souterrains qu'ils ont faits dans la terre, est suspendue maintenant sur ces dangereuses catacombes.
1. Architecte italien qui construisit la cathédrale de Florence au xv« siècle.
2. République do rAmérique du Sud, appelée aujourd'hui Etats-Unis de Colombie.
Nous-mêrae avons vu, à la Rochelle *, les commencements redoutables des travaux qu'ils exécutent dans les charpentes d'une partie de la ville où les vaisseaux les ont apportés. Des édifices entiers s'y trouvent ainsi maintenant rongés, sans qu'il y paraisse, tous les bois creusés, évidés, jusqu'aux rampes des escaliers; n'appuyez pas trop ; elles cèdent, s'affaissent sous votre main. Ces terribles rongeurs semblent pourtant vouloir se tenir jusqu'ici dans un quartier de la ville et ne pas entamer le reste. Autrement, cette cité historique, importante encore par la marine et le commerce, se trouverait à l'état d'Herculanum et de Pompéi*.
liES FOURUS. — LA GUERRE CIVILE
Michelet raconte une bataille de fourmis à laquelle il a assisté.
Le 8 juin au soir, on m'apporta de la forêt' un gros morceau de terre mêlé de petites bûchettes de bois et surtout de petits débris d'arbres du Nord, des aiguilles de sapins ou menues feuilles piquantes qui semblent des épines.
Au milieu, les habitants pêle-mêle, de toute taille et de tout élat, œufs, larves, nymphes, ouvrières fort petites, grandes fourmis qui semblaient être des guerrières et des protectrices, enfin, quelques femelles qui venaient de prendre leurs habits de noces, les ailes qu'elles portent pour le moment de l'amour. C'était ainsi un spécimen très complet de la cité, varié, mais bien marqué d'un