Ministre des finances
avail dG ces billets; il fut frappé du calcul, cl j gagna 500000 francs. Le coiilrôleur fut furieux, plaid», mais il était eu baisse, bientôt remplacé. Il perdil. el Voltaire dès ce jour fui riclie, émanripé, libre du moins, s'il ne pouvait écrire en France, de vivre en Hollande el partout. Heureux coup de fortune qu'il dut réellemeoll sa foi, à l'amour des sciences. Sewlon, on peulîcJire, fit la liberté de Voltaire.
VOLTAIRE CHEZ HADAIŒ DU CH&TELET
VoUaire a païad plus ChfttDiet, qu'il a rendue femmo savaulc qui co iclencoa.
aniipes ù Circy (^lioz lu murquiuda irc sous le nom d'Ëmilio. Ci^luit UM it pour des prix do l'Acadéniie dM
Les Lettres anglaises rf^pondenl aux Lettres persanef le Montesquieu^.
Pour lancerun tel livre, en 1733, Voltaire attendait, espérait la chute de Fleurj*. Il ne le l&cha qu'en anglait et à Londres (aont-sepicmbre). Il retenait encore l'édition française à Rouen sous la clef. Mais ce terrible livre comme un esprit qui rit des portes et des serrures, s'envolade lui-même'. En France, on Hollande el parlout,il circula, pour l'effroi de Voltaire qui, dans ces circi stances toutes nouvelles, eût voulu le garder encore.
Grand changement. Il redoutait l'exil. Il avait pria
:ine. Il était marié*.
Marié d'amitié avec un esprit sérieux, l'un des plni
■ÉMan
Idiupha,
riiils de la France, madame Du Chàtelet, si lettrée, si savante, éprise des plus hautes études, traduisant Virgile Bt Newton. Elle avait vingt-sept ans, avait déjà vécu, traversé l'étude et le monde, n'avait rien trouvé pour le BCBur. Elle avait des méthodes, point de fonds. C'est le Fonds, la vie même qu'elle sentit en ce petit livre. Son coeur fut plein, et se donna.
Voltaire était malade et dans sa crise obscure de 4733, lorsque cet ange de Newton vint, amené par une amie, le voir dans son triste logis près Saint-Gervais. Kewton, comme on l'a vu, avait fait sa fortune, et il lui donna une femme, éprise et dévouée, très noble compagnon de travail qui adoucit sa vie, qui n'altéra en rien, mais augmenta sa liberté.
Quinze ans durant il eut chez elle un agréable asile très près de la frontière*, qui lui permit d'oser mais parfois d'éluder l'orage. Il était, n'était pas en France, avait un pied dehors sur la terre de la liberté.
En avril 4734, le danger fut réel : Voltaire quitta Paris. Une lettre de cachet^ fut lancée contre lui de Versailles, et en même temps le parlement, sur une plainte des curés, fit lacérer, brûler le petit livre par la main du bourreau (juin 1734).
Il était près d'Autun, chez les Guise et les Richelieu, qui ne le cachèrent pas. Il était sans asile. Madame Du Châtelet franchit le pas et le cacha chez elle.
C'était chose hasardeuse. Et tout le monde fut contre elle, sauf M. Du Châtelet. Homme d'esprit, il trouva bon qu'elle abritât ce beau génie persécuté, sans famille, ami, ni foyer. 11 défendit Voltaire, lui rendit des services.
i. Circy est à 23 kîlomèlrcs de Vassy, dauà lu Ilautu-Muiue ; la Lur-
rainc n'élaît pas encore à la France»