‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 213 sur 258 · Cher-llcn de la Hiiiils-S*<^^H · texte numérisé non relu

Cher-llcn de la Hiiiils-S*<^^H

sant, quelque peu fiévreux d'Annecy. Il y a là de la Maremme*. Plus d'un a voulu y mourir.

En 1865, par un beau mois de septembre, je me trouvais à Annecy, travaillant comme toujours. Mais vers les dix heures, la matinée était si douce, plus moyen de travailler. Nous allâmes nous asseoir au lac, sous un fort beau saule, vieux, qui rappelle que le jardin public était un marécage, en face de l'agréable et marécageux Albigny. Dans une brume légère qui gazait à demi l'horizon, nous regardions la petite île des cygnes, leurs plumes fugitives qui volaient, nageaient sur l'eau. Les coteaux simulaient un peu, tout autour, ceux de la Saône. A droite, le petit palais qui fut celui de saint François de Sales 2; derrière, la ville, les églises, les couvents, la Visitation (où rêva madame Guyon)^. 11 y avait eu des orages, et quelques gouttes de pluie tombaient encore par moments. Un habitant d'Annecy, assis sur le même banc, nous expliqua que le lac s'infiltre assez loin sous la plaine. Il se verse lentement dans un affluent du Rhône. Jadis il était bien plus lent. Ses eaux paresseuses (tout au contraire de celles des lacs suisses, qui montent l'été) baissent alors sensiblement, laissent ici et là des lagunes, des flaques mortes. Ily a, dit-on, peu de fièvre, mais quelque chose de doux, de mou qui vous ralentit.

Les nombreux canaux qui font de l'intérieur de la ville comme une petite Venise* (sans caractère, sans monuments, de si peu de mouvement), rendent cette langueur plus sensible. Ils ont de petits brouillards vaporeux, jolis d'effet, plus qu'agréables à l'odorat. Ajoutez des rues en arcades, des passages obscurs mal tenus, des fenêtres

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