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Journal fondé au temps do Uicbelleu

4. La Bourdonnais, gouverneur de l'île do France, était allé dans l'Inde pendant la guerre avec une flotte ; il ne put s'entendre avec le gouverneur de l'Inde et à son retour eu France fut mis en prison.

J, MICHEI.ET.

1 veuve. Jusque-là, il était (au lémoignage de ses un rare laquais, esempt do tous les vices de s Pendant dens ans on perd sa trace. On voit plus t qu'il eut l'idée de fuir loin de Paris et d'aller à Arrss. ] Comment faire le voyage ? Il servait un M. Michel, n gociant de Saint-Pétersbourg, de passage h Paris. C étranger, sans cotTre-fort, avait son or dans un porté feuille, simplement fermé de rubans. Nulle serrart|| forcer. L'or était disponible. Quoi de plus aisé qne d'SH prendre pour le voyage, sauf à le remplacer avec ^a^ genl d'Arras? Tel fut le conseil du démon qiii le travaillail au dedans. Il dit, répèle et jure avec persévérance qu'il prit seulement cent trente louis. Il y avait encore douzcmille francs en or auxquels Damiens ne loucha pas. C'était le vol d'un maniaque. Il n'eût su à quoi dépeoser. On ne voit pas qu'il ait profité en rien, sauf | habit et cent écus de laine qu'il acheta afin que S frère l'ouvrier travaillât à son compte. Mais son fret très honnête, fui pénétré d'horreur quand une lettre d'un jeune frère qu'ils avaient à Paris loi fit savoir que cet argent était volé. Damiens fui foudroyé. II essaya pat trois fois du suicide : il se saigna, laissa couler son » il prit de l'arsenic; il alla à la mer, avec l'idée de 1 jeter. Mais son frère le gardait, ses parents le forçaia de vivre. Ils voulaient que plutôt il fit restitution. F qu'il en eût le temps, ils proposaient que lui-mérae i mil dans une maison de force. Il pleur.iil, s'y laisai mener comme un mouton. Malheureusement, celle n son qui était un couvent ne voulut pas le recevoir.

Alors, craignant toujours qu'il ne fût arrêté, i menèrent vers la frontière. Au moment d'y passer, j maréchaussée lui barre le passage, et il était happé s n'avait donné ceut écus.

ANTHOLOGIE. il7

Damiens retourna à Paris. Il y miE quatre jours. Il arriva le 3 Janvier à Versailles, à trois heures du matin.

A l'auberge, il apprit que le roi était à Trianon > pour quelques jours. « Maudit Versailles I dil-il. On n'y trouve jamais ce qu'on veut. * Il avait l'air fort égaré, el dit ft son hôtesse : « Je me sens bien incommodé, madame. Ne pourrait-on me procurer un chirurgien qui me saignât? » Elle ril : « En effet, joli temps pour se faire saigner, b Au fait, il gelait à pierre fendre.

Il se promenait dans le parc, sinistremeiit désert, sans rencontrer autre personne qu'un pauvre diable d'inventeur qui avait trouvé une machine, voulait la montrer au comte de Noailles et pour cela guettait, comme Damiens, le retour du i-oi. Il l'attendit â la tombée du jour sous la voûte qui mène aujourd'hui au musée. Damiens paraissait de sang-froid, causait avec les gardes, les postillons de la voiture qui était attelée, ce qui lui permettait de rester et de s'approcher. Il dit, voyant un garde qui cherchait son manchon, croyant l'avoir perdu : « Il cherche ici ce qu'il n'a pas laissé. » Il n'avait pris aucune précaution el ue comptait point fuir. Il était fort reconnaissable, surtout par une culotte rou^c. Tout le monde avait le chapeau bas, lui seul le chapeau sur la tète.

Le roi descend appuyé sur le bras du gi'and écuyer Béringhen. 11 avance vers la voilure, se sent poussé, et dit d'un ton doux, ordinaire : « On m'a poussé le dos. C'est cet ivrogne-là qui m'a donné un coup de poing. »

Damiens ne bougeait pas. Personue n'avait vu qu'il donnait un coup de canif; il le ferma, le remit dans sa poche. Son chapeau seul frappait. Un garde : « Qui est

cet homme qui ne se découvre pas (levant le roi? y 11 lui jette son chapeau par terre.

Cependant, avant de monter, le roi dit : < Est-» qu'une épingle m'aurait piqué?* Il mit la main sdu! ses habits, la relira moile et sanglante. Puis, nau- Irant Damiens qui ne bougeait, il dit : < C'est ce nwiisieur. Qu'on l'arrête, qu'on ne le tue pas. > Puis il remonta l'escalier au lieu de se mettre en voiture.

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