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Les tantes du roi Louis XVL

J. JllCHEI-ET.

Versailles, à pied, ea plein hiver; elle était enceinien I sept mois... La protectrice était abscnleiellc courtiipra gagne une entorse, et elle n'en court pas inoios. Madami Duchesne pleure beaucoup, mais, hélas! que peul-clle faire ? Une femme do chambre contre deux ou trois ministres, la partie est forte I Elle tenait eu main la si pHque; un abbé de cour qui se trouve là la lui arrai des mains, lui dit qu'il s'agit d'un enragé, d'un mid rable, qu'il ne faut pas s'en mêler.

11 suffît d'un mol pareil pour glacer Marie-AnloineH à qui l'on en avait parlé. Elle avait lu larme à l'œil. ( ptaisajila. Tout finit.

Il n'y avait guère en France d'homme meilleur qutfl Roi. On linil par aller à lui. Le cardinal de Itohan' pul trois fois à Louis XVI, qui par trois fois refusa.

Il faut le dire, Louis XVI aimait la Bastille, il ne voul pas lui foire tort, la perdre de réputation.

Le roi était très humain. Il avait supprimé les 1 cachots du Chiltelet', supprimé Vincennes, créé ta FoHi pour y mettre les prisonniers pour dettes, les séparer d| voleurs.

Mais la Bastille ! la Bastille I c'était un vieux serviteur que ne pouvait mallruiter à la légère la vieille monarchie.

Il ne pouvait pas bien recevoir en 1781 une requi*lc qui compromettait la Bastille, Il repoussa celle quo Rohaii lui présenta pour Lalude. Des fem mes de haut rang insiatèrent. 11 fil alors consciencieusement une étude de l'affaire, lut tout les papiers; il n'y avait guère d'autres que ceux de la police, ceux des gens intéressés à garder la victime en prison jusqu'à la mort. 11 répondit déQniti-

vement que c'était un homme dangereux; qu'il ne pouvait lui rendre la liberté jamais.

Jamais ! tout autre en fût resté là. Eh bien, ce qui ne se fait pas par le Roi se fera malgré le Roi. Madame Legros persiste. Elle est accueillie des Condé, toujours mécontents et grondeurs; accueillie du jeune duc d'Orléans, de sa sensible épouse, la fille du bon Penthièvre, accueillie des philosophes, de M. le marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, de Dupaty, de Villette, quasi-gendre de Voltaire, etc., etc.

L'opinion va grondant; le flot, le flot va montant. Neckeri avait chassé Sartine*; son ami et successeur Lenoir était tombé à son tour... La persévérance sera couronnée tout à l'heure. Latude s'obstine à vivre, et madame Legros s'obstine à délivrer Latude.

L'homme de la Reine, Breteuil, arrive en 83, qui voudrait la faire adorer. Il permet à l'Académie de donner le prix de vertu à madame Legros, de la couronner... à la condition singulière qu'on ne motive pas la couronne.

Puis, en 1784, on arrache à Louis XVI la djélivrance de Latude.

LES GORDELIERS

Dès le commenccmont de la Révolution il s*était formé en Franco à rimitation des clubs anglais, plusieurs sociétés politiques où on discutait les événements et les mesures du gouvernement. Ces clubs prirent une très grande influence. Un des plus puissants fut celui des Gordeliers, ainsi nommé parce qu'il se réunissait dans un ancien couvent de Cordelicrs.

L'individualité fut très forte chez nos Cordeliers révo-

1. Banquier genevois, luinistro dos 1 !2. Ministre do la luarino sous finances suus Louis XVI. Louis XVI.

J, Mir.HELE'

lutionnaires. Leurs journalistes, Marat, Desmoulins, Fréron, Roberl, Hébert, Fatire d'Églanline, écrivent rtiacun pour lui. Danton, le tout puissant parleur, Jamais écrire. En revanche, Marat, Desmoulins, i bégayaient ou grasseyaient, ne Taisaient guère qn'écriç parlaient rarement.

Toutefois, avec ces différences, cet instinct d'indiïidnilité, il y avait, ce semble, entre eux un lien trfs fort, cl comme un aimant commun. Les Cordeliers formaienl une sorte de tribu; tous demeuraient autour du club; Marat, même rue, presque en face, à la tourelle mi auprès; Desmoulins et Frérou, ensemble, rue de TAnrienne-Coraédie; Danton, passage du Commerce; GlooU, rue Jacob; Legendre, rue des Bouclicries-Sainl-Gcr ■ main ', etc.

L'honnête boucher Legendre, un desoratenrsducluh, est une des originalités de la Révolution : îlletlré, ignih rant, il n'en parlait pas moins bravement parmi la savants et les gens de lettres, sans regarder s'ili ^~ riaient; homme de cœur entre tous, malgré ses par furieuses, bon.homme dans ses moments lucides. L'a déchirant ({u'il prononça sur la tombe de I dépasse de bien loin tout ce que disent les jounialid ' sans en evcepter Desmoulini

Ce fut l'originalité des Cordeliers d'être, de rester ^

I jours mêlés au peuple, de parler les portes ouver|

' de communiquer sans cesse avec la foule. Tels d'e

eux qui avaient toujours vécu la vio recluse et S'

du sav.int, du littérateur, établirent leur cabinet dai

rue, travaillèrent en pleine f

borne. Jetant les liv

ils

ù lurent plus qu'au gn

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