‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 226 sur 258 · Village à l'ouest de Paris · texte numérisé non relu

Village à l'ouest de Paris

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434 J. MIGUELET.

semblée. L'affaire des mines s'y décidait, affaire fort importante pour son ami, M. de Lamarck, dont la fortune y était engagée. Mirabeau parla cinq fois, et tout mort qu'il était, il vainquit encore. En sortant tout fut fini; il s'était dans ce dernier effort achevé pour l'amitié.

Le mardi 29, le bruit se répandit que Mirabeau était malade. Vive impression dans Paris. Tous, ses adversaires mêmes, surent alors combien ils l'aimaient. Camille Desmoulins S qui alors lui faisait si rude guerre, sent se réveiller son cœur. Les violents rédacteurs des Révolutions de Paris qui, à ce moment, proposent la suppression de la royauté, disent que le roi a envoyé pour s'informer de Mirabeau, et ajoutent: c Sachons gré à Louis XVI de n'y avoir pas été lui-même, c'eût été une diversion fâcheuse, on l'aurait idolâtré. »

Le mardi soir, la foule était déjà à la porte du malade. Le mercredi, les Jacobins* lui envoyèrent unedéputation, et, à la tête, Barnave^, dont il entendit avec plaisir un mot obligeant qui lui fut rapporté. Charles de Lameth^ avait refusé de se joindre à la députation.

Personne ne fut plus grand et plus tendre dans la mort. Il parlait de sa vie au passé, et de lui qui avait été, et qui avait cessé d^être. Il ne voulut de médecin que Cabanis^, son ami, fut tout entier à l'amitié, à la pensée de la France. Ce qui, mourant, l'inquiétait le plus, c'était l'attitude douteuse, menaçante des Anglais, qui semblaient préparer la guerre. « Ce Pitt^, disait-il,

1. Journaliste révolutionnaire, un des membres les plus actifs du club des Cordeliers.

2. Club révolutionnaire qui se réunissait dans un ancien couvent de Jacobins.

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