A l'extrémité du Champ-de-Mar
opposée à la Seine.
avec les Pyrénées... Nous les avons vus commencer, ces groupes, ces danses ondoyantes, dès l'hiver de 89. La farandole immense qui s'est formée peu à peu de la France tout entière, elle s'achève au Champ-de-Mars, elle expire... Voilà l'unité !
Adieu l'époque d'attente, d'aspiration, de désir, où tous rêvaient, cherchaient ce jour !... Le voici ! que désirons-nous? pourquoi ces inquiétudes? Hélas! l'expérience du monde nous apprend cette chose triste, étrange à dire, et pourtant vraie, que l'union trop souvent diminue dans l'unité. La volonté de s'unir, c'était déjà l'unilé des cœurs, la meilleure unité peut-être.
Mais silence ! le Roi arrive, il est assis, et l'Assemblée, et la reine dans une tribune qui plane sur tout le reste. Lafayette* et son cheval blanc arrivent jusqu'au pied du trône; le commandant met pied à terre, et prend les ordres du Roi. A l'autel, parmi deux cents prêtres portant ceintures tricolores, monte d'une allure équivoque, d'un pied boiteux, Talleyrand, évêque d'Autun ' : quel autre, mieux que lui, doit officier, dès qu'il s'agit de serment?
Douze cents musiciens jouent, à peine entendus; mais un silence se fait : quarante pièces de canon font trembler la terre. A cet éclat de la foudre, tous se lèvent, tous portent la main vers le ciel... Oroi ! ô peuple ! attendez... Le ciel écoute, le soleil tout exprès perce le nuage... Pre-
nez garde à vos serments !
i. Commandant de la garde nationale de Paris.
i. Diplomate célèbre (1754-1838).
nvêque d'Autun. députe du clerjré à In Constituante; il était entré dans le parti de la névolution.