Le plus célèbre orateur girondin
J. MILUKLET.
' :nal et la l'ermeté de sa mort. Ceux qui la virent à la ■ciergerie disent qu'elle ^ tait loujuui's belle, pli' charme, jeune à trente-neuf ans; une Jeunesse entière #' puissante, un trésoc dévie réservé jaillissait de ses beaux yeux. Sa force paraissait surtout dans sa douceur raisonneuse, dans l'irréprochable harmonie de sa personne et de sa parole. Elle s'élait amusée en prison à écrire à RobespieiTC, non pour lui demander rien, mais pour lui faire la le(;un. Elle la faisait au tribunal, lorsqu'on loi. ferma la bouche. Le 8, où elle mourut, était un ji froid de novembre. La nature, dépouillée et nu mail l'état des cœurs; la Révolution aussi s'enfou)^' dans son hiver, dans la mort des illusions. Entre les deux jardhis sans feuilles, la nuit tombant (cinq heures et demie du soir), elle arriva au pied de la Liberté colossale, .assise près de l'échafaud, fi la place où est l'obélisque', monta légèrement les dcj;rés, et, se tournant vers la statue, lui dit, avec une grave douceur, sans reproche : « 0 Liberté ! que de ci'imes commis en ton nom ! » Elle avait fait la gloire de son parti, de son époux, M n'avait pas peu coulribné à les perdre. Elle a învolo^ I tairemenl obscurci Roland dans l'avenir. Mais elle lui I .rendait justice, elle avait pour cette àme antique, onlboub siaste ctaustére, une sorte de religion. Lorsqu'elle eut un J moment l'idée do s'empoisonner, elle lui écrivit pour [ s'excuser prés de lui de disposer de sa vie sans son aveu. ' KMe savait que Roland n'avait qu'une unique faiblesse, son violent amour pour elle, d'autant plus profond qu'il i{ contenait.
Quandon la jugea, cHo dit : m Iloland se lu put lui cacher sa mort. Relire près de Ront