LES GUEBRŒRS DE LA. MER. - LES CBUBTACËS
Les seuls ennemis redoutables des crnslai^és sonl la tempête et le roKher, Peu voyagent en haute mer, peu au fond. Ils sont presque tous au riva^ à guetter des proies, Souvent, peudanl qu'ils sont là à attendre que l'huitre bâille pour en faire leurdéjeuner, la mer grossit, Tes prend, les roule. Leur armure fait leur péril. Dure, sans élaslicîté, elle reçoit tous les chocs à sec, radement et de maniërecassante. Leurs pointes aux pointes du roc s'écachenl, éclatent, se brisent. Ils ne s'en tirent que mutilés. Heureusement, comme l'oursin, ils peuvent se réparer, substituer au membre brisé un membre supplémentaire, ils comptent tellement là-dessus, que. pris eux-mêmes, ils se cassent un membre pour se délivrer.
U semble que la nature favorise spécialement des serviteurs si utiles. Contre son infini fécond, elle a dans les cmslacés un inlini d'absorption. Us sont partout, sur toutes plages, aussi diversifiés que la mer. Ses vautours, goëlands.moneltes, partagent avec les crustacés la fonction essentielle d'agents de la salubrité. Qu'un gros animal échoue, à l'instant l'oiseau dessus, le Crabe dessous et dedans travaillent à le faire dlsparaltrCi
Le crabe minime et sauteur qu'on prendrait pour un insecte (le talitre) occupe les plages sablonneuses, habite dessous. Qu'un naufrage jette en quantité les méduses' ou autres corps, vous voyez le sable onduler, se mouvoir
puis se couvrir des nuées de ces croque-morts danseurs, qui fourmillants, sautillants, approprient gaiement la plage, s'efforcant de balayer tout entre deux marées.
Grands, robustes, pleins de ruse, les crabes ou cancres sont un peuple de combat. Ils ont si bien l'instinct de guerre, qu'ils savent employer jusqu'au bruit pour effrayer leurs ennemis. En attitude menaçante, ils vont au combat, les tenailles hautes et faisant claquer leurs pinces. Avec cela, circonspects devant une force supérieure. Au moment de la basse mer, du haut d'un roc, je les voyais. Mais, quoique je fusse bien haut, dès qu'ils se sentaient regardés, l'assemblée battait' en retraite, les guerriers, courant de travers, comme ils font, en un moment rentraient chacun sous sa guérite. Ce ne sont pas des Achilles,mais plutôt des Annibals. Dès qu'ils se sentent forts, ils attaquent. Ils mangent les vivants et les morts. L'homme blessé a tout à craindre. On conte qu'en une île déserte ils mangèrent plusieurs des marins de Drake^, assaillis, accablés de leurs grouillantes légions.