Dans le Valais (3,518 m
5. Le Julier borde l'Engadine u nord-ouest, le Splugen an siid Ai côté de l'Italie.
de là la préférence qu'on eut loujours pour lui. Bien plus ancien que Jules César, il fut nommé ainsi, dit-on, du nom d'un dieu des Celtes' qui, au point le plus haut, ont posé deux menhirs^. Qu'on y trouve des monnaies romaines, cela dit seulement qu'après les Celles les Romains occupèrent ce lieu et y firent la voie régulière.
Pendant le moyen âge, croisés, marchands ou pèlerins, tous suivaient ce chemin, très désert pour les gens du Rhin, de la Souabe^, qui allaient à Venise, la grande porte de l'Orient', vers la Grèce ou l'ÉgypIe, Chypre, Jérusalem.
Peu après le célèbre lieu où les trois Ligues Grises (en lill) jurèrent leur union ', le paysage a pris de l'intérêt, de la grandeur. On a toujours en bas, à gauche ou à droite, un beau torrent, fougueux et êcumeux, qui va par bonds, par brusques chutes, parfois vous donne le vertige des profonds abîmes où il plonge. Il est visiblement très pur, très finement teinté de vert d'eau. Grand contraste avec le Rhin sombre, presque ardoise qu'on a vu naguère, le Rhin gris de Bile ou Strasbourg. Eh bien! ce torrent pm-, c'est cependant le Rhin, avant les noirs mélanges qu'il subira plus bas. Comment pourtant est-il si clair, emportant, comme il fait, tant de débris, perçant violemment son chemin entre les calcaires ruinés? j'ai peine à le comprendre. Je le voyais courir sous des pentes, demi-démolies, effroyables de dégradation, qui ne tenaient à rien. Je frémis en voyant quatre petites chèvres, d'une étonnante adresse, qui, avec une