Célebm puiutra grec c
les anxiétés, se serrait, comme en un naufrage, à cette ferme croyance, qu'une âme qui, tout en revenant à nos instincts primitifs, anticipait déjà dans celui du monde inconnu, ne pouvait s'acheminer par là à l'anéantissement.
Tout faisait supposer plutôt qu'elle allait, de ce double instinct, douer quelque jeune existence, qui reprendrait plus heureusement l'œuvre de la vie et donnerait aux fèves de cette âme, à ses pensées commencées, à ses volontés muettes, les voix qui leur avaient manqué.
Une chose frappe toujours en observant les enfants et les mourants, c'est la noblesse parfaite dont la nature les <K empreint. L'homme nait noble, et il meurt noble; il faut tout le travail de la vie pour devenir grossier, ignoble, pour créer l'inégalité.-
Quand nous regrettons notre enfance, ce n'est pas tant la vie, les années qui alors étaient devant nous, c'est notre noblesse que nous regrettons. Nous avions alors en efifet cette naïve dignité de l'être qui n'a pas ployé encore, l'égalité avec tous ; tous jeunes alors, tous beaux, tous libres... Patientons, cela doit revenir; l'inégalité n'est que pour la vie; égalité, liberté, noblesse, tout nous reyient par la mort.
Hélas ! ce moment ne revient que trop vite pour le grand nombre des enfants. On ne veut voir dans l'enfance qu'an apprentissage de la vie, une préparation à vivre, et la plupart ne vivent point. On veut qu'ils soient heureux c plus tard >, et pour assurer le bonheur de ces années incertaines, on accable d'ennui et de douleur le petit moment qu'ils ont d'assuré.
L'enfant qui joue, hélas ! un jour, au triste jeu de la vie, sourit, pleure et disparaît... malheureuses petites ombres qui viennent par millions, par milliards, et ne durent que dans la mémoire d'une mère...