Grand musicien italien du xvi
5. Auguste avait donné à ses soldats les domaines des habitants de plusieurs villes de l'Italie.
6. Sylla dicUteur (81-79 av. J.-C.) avait fait la guerre aux peuples d'Italie révoltés.
^^B d'un inlei'prële. Le tempss'eii est chargé, ûe proscriptti ^^H 311 proscripiton, de douleur en douleur, ou comprei ^^H mieux Virgile.
^^H L'auteur avait alors ses grands et illustres protectei ^^B qu'il a immortalisés. Mais il était nâ pour ne s'attacher" ^^H qu'au malheur. L'un, Varus', est resté ua nom lamen- ^^B table dans l'histoire, comme première défaite du monde ^^^ civilisé, comme première victoire des barbares de la Germanie; on sait sa fin tragique au fond des bots. L'autre, le consul poète, l'infortuné Cornélius Gallus'i ^ Gallus, tant aimé de Virgile, brisé par ses chagrii ^^H cœur, brisé par les haines de cour, alla mourir dans ^^H ne sais quel désert, du supplice d'un cruel exil. ^^ Le nouveau protecteur, le politique Mécé^e^ femm< " lette subtile qui gouvernait le maJIre et fil d'Oclai
Auguste, était l'homme de réserve, de discrétion et I silence, qui pouvait le mieux, par douceur et cares
étouffer, asphyxier le génie. C'est de quoi Virgile mourut
avant l'âge, recommandant bien de brûler ce qu'il avait|
I écrit sous l'influence de cette pesante amitié!
Mais quelque soin que ce doux Mécène eût pris de mettre la sourdine à la lyre du pauvre exilé de Manloue', des voix en sont restées, des soupirs significatifs, des larmes vraies, tombées de moment en moment sur le cbant ofliciel. Ces larmes, fixées, cristallisées en mots ^^^ incomparables, pleins de passé et d'avenir, sont, comme, ^^L celles de Jérémie, des formules sacrées qu'ont chautéi ^^H pleurées tous les âges.
^^1 C'était l'époque où les vainqueurs, après avoir
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tribné l'Italie aux soldats, virent qu'ils avaient fait le désert; ces soldats ne surent cultiver; ils vendirent, partirent, ou moururent.
La désolation s'étendant, commençant d'effrayer les maîtres, Virgile leur dit timidement, indirectement : c C'est votre œuvre... Les transplantés, hommes ou animaux, ne vivent point ; ils meurent. » N'osant parler des hommes, il a pleuré les animaux.
Tout cela était infiniment senti, compris. Quand on raconte que Virgile entrant au théâtre, avec ses longs cheveux agrestes et sa rougeur de vierge, Rome entière se leva et salua debout l'exilé de Mantoue, l'homme des champs, l'ancien paysan italique, ce n'était pas seulement le grand poète, c'était la voix plaintive, la profonde pitié et la timide intercession, c'était la dernière ombre gémissante des races agricoles éteintes et disparues
Ce grand poète par ce côté féminin, sans espoir, est à bon droit apparu chrétien, ultra-chrétien. Ce n'est pas non plus sans raison, qu'aux très antiques fêtes du moyen âge, il avait place avec les prophètes, guides des pompes solennelles. — Le roi David, aïeul du Christ, entrait dans le lieu saint entre la Sibylle' et Virgile.
Dante, grand antiquaire autant que grand poète, a suivi religieusement ces fêtes, et pris Virgile pour guide en sa sublime cathédrale.
Et c'est avec un profond sens de poésie qu'il Ta choisi. Non seulement il est à moitié chemin de l'histoire et siège comme un médiateur naturel entre deux inondes, mais il a, plus que les prophètes, plus que son
i. LaittigrUt de Gumes était, d'après la légende italieune, une prophéte&se.
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frère juif, Jéréinie, un caractère universel, plus que national, Tauguste généralité de l'empire romain. Naît paysan italien, il est pourtant l'empire, il est Rome et il est le monde.