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besoins du ménage. Elle est heureuse de trouver la firaicheur. La grande ville est gaie déjà, toute arrosée; les marchés pleins de fleurs, de toutes choses bonnes à la vie. C'est comme de riches corbeilles, combles des dons de la nature. A travers ces fleurs et ces fruits, elle marche rêveuse, pleine de douces émotions, de Dieu, du pnr désir d'aller droit dans la vie. La nuit s'est envolée et tous les mauvais songes.
Cependant au marché, l'église est ouverte déjà. Qu'elle est belle à cette heure, bien éclairée, auguste, dans sa solitude lumineuse ! Le banc de la famille où elle s'assit toute petite et tant d'années, elle le voit. Pour le regarder? non; cela lui ferait trop de peine... N'en parlons pas, sortons. Que l'air est pur et frais dehors !
Tout est fait de bonne heure, le ménage, le déjeuner. 11 est parti. Elle reste dans sa chambrette solitaire. Elle coud à la fenêtre. Le quartier est paisible, écarté. Rien dans la rue. Elle coud, et sa pensée voltige ; un doux souvenir d'hier soir, ce marché du malin, l'église, occupent tour à tour son esprit ? L'oreille par moments lui en tinte... Un bruit vague, léger, lointain, doux, est venu... Erreur peut-être ? Rien? Le vent a pu changer, emporter Tonde sonore... mais non, le bruit revient. Oui, c'est bien une cloche, de son connu, toute semblable à celle de la paroisse où elle est née. Et, ma foi, je crois, c'est la même. Elle sonna si souvent pour nous, trop souvent ! Tant de morts aimés reviennent, et tous les souvenirs. Paissante évocation !... La chambre en est remplie; aux murs et aux plafonds se tracent tous les événements domestiques. Elle est mêlée, la cloche, à tout eela. Et elley a pris part, en a été émue, vibrant de joie, dedeuil. Elle est de la famille... Âh ! que le cœur se glonfle ! De grosses larmes pèsent, et vont sortir des yeux. Elle veut
I se contenir. II s'en apercevra, cela lui fera de la peîiu 1 Hais elle a beau faire, tout échappe. El longtemps méi après, qnand il rentre, voyant les yeux baissés, humides, qu'on voudrait dérober, le voilà luquiel, allendri el pressaul. Mais là, c'est un torrent. Elle est iioyée de pleurs. Elle se cache enfin dans son sein, et s'excuse « Je suis bien faible, ami ! que veux-tu ? La cloche [ disait tant de chose I... Ah ! Je n'ai pas pu résister ! i