‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 8 sur 258 · il s'agit Joe Indiens fsaenlers et cliiaseurï · texte numérisé non relu

il s'agit Joe Indiens fsaenlers et cliiaseurï

qu'aucune rivalité ne le conduit à la guerre. Il Tabsorbe, exige de lui tout l'effort de ses facultés.

Travail varié et compliqué.D'abordjI'excelIent forestier, plein de tact et d'expérience, éprouve son arbre au marteau, je veux dire au bec. Il ausculte comment résonne cet arbre, ce qu'il dit, ce qu'il a en lui. Le procédé d'auscultation, si récent en médecine, était l'art principal du pic, depuis des milliers d'années. Il interrogeait, sondait, voyait par l'ouïe les lacunes caverneuses qu'offrait le tissu de l'arbre. Tel, sain et fort en apparence, que, pour sa taille gigantesque, a désigné, marqué le marteau de la marine % le pic, bien autrement habile, le juge véreux, carié, susceptible de manquer de la manière la plus funeste, de plier en construction, ou de faire une voie d'eau et de causer un naufrage.

L'arbre éprouvé mûrement, le pic se l'adjuge, s'y établit; là il exercera son art. Ce bois est creux, donc gâté, donc peuplé; une tribu d'insectes y habite. Il faut frapper à laporte de lacité. Les citoyens, en tumulte, voudront fuir ou par-dessus les murailles de la ville, ou en bas, par les égouts. Il y faudrait des sentinelles; au défaut, l'unique assiégeant veille, et de moment en moment regarde derrière pour happer les fugitifs au passage, à quoi sert parfaitement une langue d'extrême longueur qu'il darde commeun petitserpent. L'incertitude de cette chasse, le bon appétit qu'il y gagne, le passionnent; il voit à travers l'écorce et le bois ; il assiste aux terreurs et aux conseils du peuple ennemi. Parfois, il descend très vite, pensant qu'une issue secrète pourrait sauver les assiégés.

Un arbre sain au dehors, rongé, pourri au dedans,

1. Marqué par l'administration de la marine comme propre aux constructions navales.

c'est une terrible image pour le patriote qui rêve au destin des cités. Rome, aux temps ou la république commençait à s'affaisser, se sentajit semblable à cet arbre, frissonna un jour que le pic vint tomber en plein forum ' sur le tribunal, sous la main même du préteur '-. Le peuple s'émut jçrandemenl, el roulait de tristes pensées. Mais les devins mandés arrivent : si l'oiseau part impunément, la république mourra; s'il reste, il ne menace plus que celui qui l'a dans sa main, le préteur. Ce magistrat, qui était jElius Tubero, tua l'oiseau à l'instant, mourut lui-même bientôt, el la république dura deux

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