‹ Pages choisies des grands écrivainsChapitre 84 sur 258 · FÊTES · texte numérisé non relu

FÊTES

it les grondes râles qu

I ^ La vie grecque, si terrible d'aclion, de lulle, de péril. I {de guerres, eut cela d'admirable et qui cani))easail I |tout : elle était une fêle. Du berceau, par les fôtes, on allait au tombeau. Elles égayaient le mort luème. Fêles de ta nature et de l'hunianilé. Fêtes de Actions dramatiques et d'histoire nationale. Fêtes des c^iercices et de gymnastique, cbarm.mles de force et de beauté, qui créaient l'homme inéme, faisaient les diepix vivants qu'imita Phidias'. Comment, avec une existence si radieuse, n'être pas gai ? Peut-être on mourait tôt ? n'importe. La vie n'avait été (ju'un sourire héroïque.

Gela reviendra-t-il? Nulle raison d'en douter. L'éducation de l'homme se fera par les fêtes encore. La Bociabilité est un sens éternel qui se réveillera. Nous verrons reparaître cette heureuse initiation qui, dés le premier âge, olTrait a l'œil charmé du jeune citoyen un grand peuple d'amis, aimables, joyeux, bienveillants. En eux il avait vu Athènes. Jusqu'à son dernier jour, il emportait l'image de celte belle Patrie vwanle. Ce n'était pas un être de raison. C'était une Amitié née des fêles d'enfance, conlinuée dans les gymnases, aux spectacles ou les cœurs battaient des mêmes émotions, amitié très fidèle à qui si volontiers on immolait sa vie,

dans ces combats qui furent des fêtes, Marathon, Salamine % illuminées de la victoire.

€ Comment fait-on des fêtes? y> Quelle vaine question I Hais on ne les fait pas. Cela naît de soi-même. Un matin, on s'éveille... Tout a jailli du cœur. C'est fait. Hier, qui s'en serait douté ?

Il faut peu pour faire une fête. On le voit bien en Suisse. Les jolis exercices des enfants, sous les yeux des parents attendris, cela, c'est une fête. Le théâtre civique qui plus tard jouera les héros, Tell^ ou Garibaldi^, donnera une foule de fêtes. Les hospitalités amicales des grands peuples entre eux seront les divines fêtes de la paix, le concert, par exemple, que mille exécutants français et allemands nous donneront sur le pont du Rhin.

L'âme humaine est la même, infiniment féconde, on le verra. En un demi-siècle s'est fait un progrès remarquable de goûts délicats, élevés, qui tiennent de bien près (qu'on me passe ce mot) à une augmentation de l'&me. Le goût des fleurs, de certains aménagements, inconnu en 1815, dit combien a gagné l'amour de l'intérieur. Le soin (souvent extrême) qu'on met à habiller l'enfant, même dans les conditions pauvres, est fort attendrissant. Mais ce qui a gagné surtout, c'est le culte des morts. Au commencement de ce siècle, on n'y faisait nul sacrifice, nulle dépense, et, s'il faut le dire, les tombes étaient peu visitées. Elles le sont peu encore dans les campagnes. Le peuple de Paris, que les provinciaux croient à tort sec et égoïste, est de tous ceux que j'ai connus, celui qui fait le plus pour ses morts. La foule.

1. Victoires des Athéniens sur les pMset en 480 et 480 av. J.-C.

9. GnHUnme Tell que la lé^nde wpféimld oomme run des héros de

l'indépendance suisse au xiv* siècle.

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