Les Perses croyaient à deux
divinités en piierre l'une contre l'autre : Ormuzd, le gënie du bien, Ahriniau, le génie du mal.
J. MIGHELEll
adjuger à la nuit, aux ténèbres, hon'dVtfrgRed»-!! lumière.
Mais on ne lui cédera pas. On ne se lient pas ponr baltu. L'àme Iiumaine. au contraire, sous la morsure de la douleur, va grandir, créer et s'étendre dans un seconi! royaume de lumière oulre-lombe. doubler l'empire d'Ormuzd... Voilà ta victoire, ô Maudit!
Quel mot le plus souvent dit le mourant, près d'eipirer? « De la lumière ! Encore plus de lumière 1 >
Ce vœu est rempli, obéi. Qu'il serai! dur, cruel, dénaturé, pour réponse à ce mot. de lui donner le cachol dn sépulcre et l'horreur de la nuit! C'est tout ce qu'il craignait. La mort.pourla plupart, est moins dure en ellemême que l'exclusion de la lumière.
Il ne Tant pasquelesvivanls disent ici hypocritement : ( Mais c'est par honneur qu'on l'enfouit, qu'on le cache dans les ténèbres... > Oh ! non, non, ceux qui vraiment aiment n'ont pas l'impatience d'un si cruel arrachement. L'amour ne peut croire â la mort. Longtemps, longtemps après, il a toujours des doutes. Il dit toujours : c Si c'était fau\? »
La Perse ne cache point l'être aimé et ne le bannit point du jour. Ce ne sont point les vivants qui le quittent, c'est lui qui les quittera. Que la forme s'allère et chan{;e, la famille, intrépidement, accepte la néi site dure, loul ce qui viendra de cruel, tout, pourvu qu' le voie encore.
Ou le place, ce mort, par-devant le soleil, sur la piei élevée où les bêtes ne monteront pas. Sans doute aussi son chien', son inséparable gardien, qui, vivant, le suivit toujours, reste encore près de lui et veille. Don
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il peul ce vaillant d'Ormuzil, cet homme de lumière qui toujours vèi-ut d'elle, rester devant elle à son poste, la face découverte, assuré, confiant.
Deux jours, trois jours, les siens en larmes sont autour et observent, épient. Tout va conformément au rituel de la nature. Le soleil adopte le mort. De ses puissants rayons doublés dans le miroir du marbre, il l'aspire, il l'attire, le fait montera lui. A peine en laisse-l-il une vaine enveloppe, une ombre, si légère, que ses enfants, sa veuve, les cœurs les plus blessés, sont sûrs, bien sûrs, qu'il n'est plus là...
Où donc est-il? Là-haut. Le soleil but le corps. L'oiseau du ciel a eneilli l'àme.
L'oiseau fut son ami. Toujours au labourage, il allait derrière lui en purgeant le sillon. Il suivait son troupeau, l'avertissait du temps, lui prédisait l'orage. C'est raug:ure, le prophète, le conseiller de l'homme. Dans le traTail long, monotone, il l'occupe de sa mobilité. Ântour du travailleur fixé sur son labour, il est comme tm esprit léger, un autre moi plus libre qui va, vient, ToIe et cause. Rien d'étonnant s'il revenait le jour de dsaîl auprès du mort. Qu'à ce moment un rayon lumineux dorât l'oiseau qui reprenait son vol, le transfigurât dans le ciel, on s'écriait : < l'àme a passé ! »
Sarez-vous bien ce que c'est que la mort? Aux survivants, c'est une éducation, une initiation forte et définitive. On reçoit là la souveraine épreuve, la solennelle empreinte que gardera la vie. A ce moment le cœur est là navré, sans force, sans nerfs ni consistance, comme un métal passif, amolli par le feu, qu'on va graver d'un signe. Un pesant balancier tombe et frappe... La mort, e misérable cœur est marqué pour toujours. " rande et terrible différence, si c'est la mort vaillante
Iqui s'est empreinle en lui, lui a donné sa noble image — a la morl des terreurs, la morl des peurs serviles. peur I de la nuit el peur du diable, peur d'être enfoui vivant. L'âme voyageuse de l'Indien partait légère el sans I terreur, n'en laissait pas aux siens. El plus d'un, I curieux, eiil voulu partir avec elle. L'àme courageuse du 1 Perse qui ne reculait pas, qui bravait encore .\hrimane. , paisible devant le soleil, se confiait à la lumière (ayant toujours vécu pour elle), elle ne laissait pas. en s'en allant, aux siens ce pitoyable legs de peur el de servilité.
Que lui arrivait-il après, on le savait. Pendant trois jours, gardée des bons esprits, sauvée de l'assaut des mauvais, l'âme incertaine vole autour du corps. Après la troisième nuit, elle fait son pèlerinage. Encouragée par le soleil brillant, menée par les génies au sommet du mont Albordj, elle voit devant elle le grand passage, !e pont aigu de Tchinevad. Mais le chien redoutable qui garde les troupeaux du ciel ne s'oppose point à son passage. Une ligure charmante, souriante, se tient au poiil, une belle fille de lumière, a forte comme un corps de quinze ans, haute, excellente, ailée, pure, comme ce qu'il y a de plus pur au monde. »
« Qui es-tu? ô beauté !.., Jamais je n'ai vu rien de tel. » — t Mais, ami, je suis ta vie même, ta pure pensée, ton pur parler, ton activité pure et sainte, s
Elle et lui, désormais, c'est un. Il s'est réuni à luimême, il a retrouvé son vrai mot, son âme, — non passagère, de misère et d'illusion, — une belle ilme immuable et vraie, — libre surtout, ailée et qui nage au I rayon, qui plane d'un vol d'aigle ou perce les trois I inondes d'un vol foudroyant d'épervier.