Madame la Princesse, feinme de Monsieur le Prince ; voir
ci-de.«snus.
7. Mademoiselle. P. Titre qu'on donnait à toute femme mariée qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée. 2°. Employé absolument, (avec une majuscule, ) désignait la première princesse du .sang, tant qu'elle n'était pas mariée. :F. Employé absolument, (avec une majuscule.) dé.signait Mademoiselle, la grande Mademoi.selle. fille de Monsieur, frère aîné de Louis XIV.
s. Monseigneur. 1°. Titre d'honneur qu'on .lonn,. aux personnes d'une dignité émiuente. 2^. Le Dauphiu, fils de Louia
222 Appendice.
XIV. (on met une majuscule.) Il est ué le 1" novembre 1661, et mort le 14 avril 1711.
9. Monsieur. 1-. Titre qui du temps de Louia XIV ne se donnait qu'à certaines classes do la société. 2'-'. Employé absolument, (avec une majuscule,) l'ainé des frères du roi. 3"^. Monsieur de . . , avec un nom de ville, se disait de Tévôque du dicx-è.se dont cette ville est la capitale. Ex. : Monsieur de (.'ondom, .Monsieur de Meaux, noms successifs de Bossuet. Ou dit aujourd'hui Monseigneur. 4°. Ces .\ff.iiiieurs était fréquiiiiiiient employé au xvii* siècle en jiarlant dfs solitaires de Port-Uoyal.
11). Monsieur le Duc, titre affecté aux fils alnës des princes de Coudé.
11. Monsieur le Grand, se di.sait, dans l'ancienne cour, du premier écuyer de la ijrande écurie du roi.
l'J. Monsieur le Prince, se disait absolument, du premier prince du .sanu' ii la cniir di' Kranre.
18. Princes et Princesses du sang, ceux qui sont sortis de la maison royale par la branche masculine.
1. DE L'.\RMÉE SOUS LOl'IS XIV. I. Organisation Nouvelle uk i.'.\RMfeK.
L'armée avant Louis XIV. — I., 'armée que Henri IV et Louis XIII avaient k-^'uéc a I^)ui.s XIV méritait à \m-'uio le nom d'armée permiineiUe ; elle était à {«ine une année mitioiuiie, elle était h peine une armée royale, elle était à peine une armée régulière.
Elle n'était permanetile qu'en partie. Quand éclatait une jîu«Tm, le roi de France délivrait à drs capitaines des commission» ))uur lever des compaKnies : à la paix, t<>ut4>s les troupes éLaient ltc«ncié«s, à l'exception d'uu certain nombre de corps, comme la maison militaire du roi, la f^endarmerie et quelques régiments. Au.<tst la MabMjn et la gendarmerie étaiunt-ulles portéat, au budget, sur
Appendice. 223
Vordinaire des ouenvs, tamlis ((in' lout le reste <le l'armée a continue, jusqu'en 178!), ii être |>ortc sur Vexlraonllntiire.
L'armée n'était qu'en partie nationale: les étrangers en formaient une notable partie.
L'armée n'était qu'en partie roi/ale. Les compagnies qu'avaient levées les capitaines devenaient leur propriété ; le roi se contentait d'allouer a ceux-ci une certaine somme pour payer aux soldats les primes d'engagement, et une certaine somme pour la nourriture, les vêtements, l'armement, la solde de leurs hommes.
Un capitaine était maître de sa compagnie, soit qu'il eût reçu du roi une commission, soit qu'il eût acheté à quelque capitaine une compagnie toute formée. Il en était propriétaire, comme on est aujourd'hui propriétaire d'une ferme ou d'un moulin, comme on l'était alors d'une charge de justice ou de finance. .Si l'on acquérait des compagnies, c'est à cause des revenus (lu'on en tirait, des profits qu'on pouvait réaliser en économisant sur la paye et l'entretien des .soldats. Le prix de vente d'une compagnie était plus ou moins élevé, selon (lu'elle appartenait aux régiments permanents ou aux régiments susceptibles d'être licenciés à la paix : il y avait de la hausse et de la baisse sur les prix, suivant que les chances de prolongation de la guerre s'accroissaient ou diminuaient.
Entre le roi et l'année .s'interposaient de grands officiers qui ne laissaient au roi aucune action directe sur elle, et epi auraient empêché toute réforme. I^ connétable, le colonel général de l'infanterie, celui de la cavalerie, celui des Suisses, le grand-maitre de l'artillerie, nommaient h tous les emplois. Les armées étaient alors la propriété des généraux : Richelieu acheta en bloc celle de Bernard de Saxe-Weimar, en même temps que l'Alsace, qui lui servait de cantonnement. L'armée était alors si peu dans la main ilu roi. que, pendant la Fronde, les trouj^s de Coudé et de Turenne combattirent sans hésitation pour ou contre la cour, selon que leurs chefs se déclaraient pour ou contre ie Mazarin ; car elles ne connaissaient que leurs chefs.
'2-4 Appemlice.
L'armée était à peine une année rr'gxdiere. Pas d'uniforme : chatiue soldat était vctu comme il pouvait, souvent <ie haillons, l'a» d'uniformité dans l'armement : il y avait des innu84|ii)'t.H de tout calilire i-t des arme.s blanches de toute e.s|>ère. Pas «le ea,serneii. Pas de discipline : comme le n>i ne donnait ijn'une faible nomme au capitaine et que celui-ci en ^janlait le plus possiliie |H>ur hii. on ne |Hiuvait empêcher le soldat de ]iilier jwnir vivre. Pas d'intendance, de service régulier d'étap<'s, de vivres, de fourrages. Pas de service de santé: les blessés ou les malades étaient abandonnés à la charité publiipie, à l'assistance des couvents, au zèle de quelque chirurgienbarbier. Pas de retraite pour les militaires vieux et infirme.s: qui aurait pu en prendre soin? \je roi ne les connaissait pa.><, et le capitaine, qui avait levé des hommes pour la guerre, .se .souciait peu de ce qu'ils ]>ouvaient devenir à la j)aix. François I" avait bien obligé les couvents à recevoir, à titre de frères Inis ou i\'i>hlnt.t, les soldats infirmes ou ble.s.sés : Henri IV avait bien créé |>our «mix l'hospice de la Charité; Uichelien leur avait bien ouvert la maison île la C'iiiniiianilerie de Saint-Louis; mais le plus graml nombre était ré<luit à mendier ou à vivre <le brigaiwlages.
La j>rincij»ale force <le l'armée était encore la cavalerie, car elle était plus propre à faire la maraude et à vivn» sur le pays que l'infanterie; l'armement «le celle-ci était eiu'ore trop «léfectueux pour «|u'elle eiit pris sur l«!S champs de bataille le rôle préintudérant «jui lui revient ; l'arti.îerie avait fait peu de progrès depuis le x\ i* siècle ; le génie militaire cherchait encore sa voie. L'armée fran«;ai.se était toujom-s iine armé»* du ni«>yen Age.
Pendant j>rès «h- «leux cents ans. on allait vivre d'un expé«lient : les enrôlements volontaires, en d'autres termes, le racolrmrnl. \j9 capitaine qni avait une compagnie it l«'Vi>r s'a4lre.«i.Hait à «les inilu»triels appelés rarnlfum : ceux-ri. dans les tavernes ou dans la rue, rafnassfti»»nt les oisifs. les vagalxinds, l<'s gens sans aveu, et, par t/)U.s les moviMis que jienvent fournir la rusi», l'intirniilation. l'argent, ou même la violence, leur faisaient souscrire des cugagemeutA. Les
AppemUce. 225
compagnies se recrutaient donc dans la lie «le la population : on allait jus(iii";i vider les prisons.
Les réformateurs du XVII" siècle. — l'arnii les ministres qui ont contribué à transfornuT 1 arniét', il faut citer avec honneur Richelieu, Michel l,e Tellier, Louvois.
Le ministère de la guerre : Louvois. — La suppression de la charge de connétable en 1627, la concentration des affaires militaires entre les mains d'un secrétaire d'État spécial, la nomination de Michel Le Tellier à cette charge en 16-l;3, permirent de constituer un ministère de la guerre. En 1601?, Louvois fut adjoint à son père; en ItiT". ipiand Le Tellier fut nommé chancelier, il abandonna complètement à son fils la direetion de l'armée.
Les grandes charges supprimées ou annulées. — La charge de colonel ffe'tie'ral de Vinfanterie fut supprimée en Kitil ; celles de colonel fje'ix'rnl de la cavalerie, de graml maître de l'artillerie, furent complètement annulées. Tout ce qui était à la signature de ces hauts dignitaires, délivrance des brevets aux capitaines, nomination des officiers, fut désormais à la disposition du roi, c'est-à-dire de son ministre de la guerre^.
François I" avait chargé les lieutenants des maréchaux de veiller à l'approvisionnement, au logement, à la di.scipline des troupes. Richelieu, pour suiTeiller les chefs, avait installé auprès de chaque corps un de ses "intendants de justice et de finances." Louvois leur substitua les commissaires des guerres, chargés de veiller sur l'effectif et le bon entretien des compagnies. Il créa, pour chaque arme, des inspecteurs gp'ne'ranr constamment en tournée : Martinkt pour l'infanterie, le chevalier de Fot'RiM,Ks pour la cavalerie, Dt'met/ pour l'artillerie, VAtnAX pour les fortifications. Il eut au ministère, comme auxiliaires principaux, deux directeurs géne'raux,
1 Une fois les rolonels péno'ranx dépouillés de ces attributions, on ne vit pins ij'inrnnvc'nipnt à pn nommer de nonveatjx. Ans.si voit-on tïinirer, à diverses epninic»!, des inli.nil.i iivnt'rinif des .Sui.sses, des Polonais, des dragons, des carabiniers, des hussards, des chasseurs.
226 Appt'tuiice.
Saint-Poï'anoe et Ciiami.kv. Il reprit au contrôleur };<<nëral le senicf de» étaid'.s, vivre», iiôpitaiix, tnarclio.s. I'Iu-h tard, il reprendra aux autre» ««crëtaires d'Ëtat tout*»» les place» foru»» qui étaient épan«e8 dan» leun» province» rt'.sj>ective«. I>e niini»t«rt' de la jjuerre fut, dès lors, |Ktur\u de »«'» »««rvicea eshentiel».
Les Inconvénients de la vénalité et du racolement diminués.— Louvois ne jKMivait ilrtriiire la pr<ipric't<i et la vénalité des charité» nùlitairt»», ni Hubstituer au raoolement un mode plu» régulier de nTrutenuMit. Ce» deux pratii{ue» tenaient si étroitement à l'état WHMnl. ooninie à l'état des tinances, que le mieux était de les accepter, sauf à en corrijjer les abua le» plu» criant».
Les grades. — Voici comme un jeune noble pouvait arriver aux grade.'i. Ia-.-« til» de famille» riche» étaient aiimi» à M*rvir dans certaines coinpai^nie» de la maison du roi, le» autres dans l'année de ligne ou dan» le» compagnie» de cadets. l.<efl pn>miers. après deux années de service, obtenaient du roi la permission d'acheter une com{)agnie; les autres, qui n'en avaient pa» le moyen, attendaient que le roi pût leur donner gratuitement quelque grade. Kn effet, au moment de la guerre, le roi faisait délivrer un grand nombre de brevets «le »ous-lieut«nant8, ct)rnettes et enseignes ; à la paix, tous ces brevets étaient retirés, sauf deux enseigne» ]>ar régiment il'infanterii' et deux cornett*'» par régiment de cavalerie. Quelques favori.sés réu.H.His.saient donc à garder ce» grades, d'alwtrd à titre temporaire, puis à titre définitif ; d'autres avaient pu »e gliitser jusi|u'au grade de lieutenant ; les autres roderenaienl cck/Wj comme devant.
Il y avait donc dans l'armée trois clames d'hommes très di»tinctes; le» roturiers qui pouvaient s'élever aux emplois de bas oficien,^ mais, sauf de rares exceptions, n'arrivaient jamais lieu-
> I>ni ba.it riftirirr^ nii HniiA-ofticioni Mairnt.dsnn l'InfAntpHr. VantpetaatU oa rsporal. \r vrc'nt , danii la osvitlKrlf, |p iMiu»-hrigadi<^r, l« brigadier, le msri't-bal •Im lot;ifi. Aii-^Iosmui* (|)~i hxs nftirlrr*, rrnnlent \t»aidf»9laié»^ nutjKfê qui, ea ItJSl, prlreol U Uu« à' atijwUtnU.
Appendice. 227
tenants ; les nobles sans fortune qui végétaient parmi les cadets ou attendaient, comme une aubaine, quelque emploi secondaire ; les nobles riches qui pouvaient seuls achetei" une compagnie ou un régiment.
Louvois trouva im moyen de frayer aux nobles de peu de fortune un accès vers les grades supérieurs. Il créa les grades de lieulenant-coloiiel et de major, que le roi donnait gratuitement et auxquels pouvaient aspirer les capitaines qui, assez riches pour acheter une compagnie, ne l'étaient pas assez pour acheter un régiment. Le grade de chef de bataillon ou d'escadron n'existait pas sous Louis XIV. ^ Un régiment d'infanterie était bien divisé en bataillons; mais le premier bataillon était commandé par le colonel,- le second par le lieutenant-colonel, le troisième par le plus ancien capitaine.
Pour les grades supérieurs, ceux de brigadier (général de brigade), de maréchal de camp (général de division), de lieutenant général (général en chef), pas plus que pour la dignité de maréchal de France, il ne pouvait être question de les acheter : le roi les accordait au mérite, surtout lorsqu'il était relevé par une haute noblesse. Martinet, Catinat, Vauban furent pronms par Louvois au grade de brigadiers sans avoir passé par celui de colonel.
La solde rendue fixe. — La solde, qui auparavant variait suivant les conventions faites entre le capitaine et la recrue, devint fixe. Chaque militaire, pour chaque grade, sut exactement ce qu'il avait à toucher. Comme c'était le roi qui en réglait le montant, le soldat commença à comprendre que c'était bien l'argent du roi qu'il recevait, et qu'il était à la solde du roi et non du capitaine.
Les noms des régiments rendus permanents. — Louvois tint la main à ce (jue les régiments eussent des noms permanents, au lieu de porter seulement ceux de leurs colonels, qui changeaient
1 n fut institué en 1771, puis supprimé en 177fi.
- Le colonel prenait le titrr plus modeste de mestre-de-camp quand il avait au-dessus de lui uu colonel général.
228 A/ipt'Hilice.
constamment. Il voulait riuo les soldats pussent s'attacher à leur corp«. Kn U501, sur JJS ré){iini>nts d'infanterie, 72 avaient des noUiâ définitifs : les 16 autres n'étaient encore désignés que jMir le nom du colonel.
L'uniforme impose. — Depuis que l'armée ne portait plus la cuirasse, le disparut*' des vêtements était devenu cho(|uant. Dans quelques réj^imeiiLs, des colonels riches et soucieux du coup d'ci-il avaient fait endosser à leurs hommes des habits à leurs couleurs : c'était la livrée du colonel. Ix)Uvoi8 jifénéralisa l'u.sa^je de l'uniforme : il voJilut (ju'il fût non celui du colonel, mais oelui du roi, prescrivit la coupe et la couleur des vêtements.