‹ Pages choisies des Mémoires du duc de Saint-SimonChapitre 16 sur 18 · II. Lks DlKKfcUESTKB ArMK · texte numérisé non relu

II. Lks DlKKfcUESTKB ArMK

La Maison militaire du roi.— Kn tête de toutes les troupes, niarchail la Mai.-><iu militaire du roi. Elle comprenait: 1* les gardes du corps: ju.squ'alors ils .se recrutaient parmi les fils de bourgeois qui voulaient, en servant dans cett« troupe, acquérir la franehi.s»' de la taille : loin de demander une prime, ils payaient les capitaines \Hnir se faire enrôler; en U)ti4, Ix>uis XIV en fit une troupe d'élite, n'y admit que des hommes ayant déjà .sen.'i, gentilshoiiiines autant ipie jx^ssible, catholique.s nécessairement, et sujv prima toute vénalité des char;,'es ; 'J* les Cnti-Suisses, (|iii dataient de 14ft<{; ;J* les i/ftilihhommes h bec de corhin, que Louis XIII avait supprimés et que F^uis Xl\' rétablit; l* la rompairnie «les gendarme.i de la garde, créée en ItiOi); .V celle «les cherau-Je'gert delà garde, créée en irj08; 6* les motuquelaires grù, créés en 10*22, et les mntu>quetairef noirs, en ItWO ; ils s<'r\-aient à la fois h pied et à cheval, avaient à la fois le drapeau et l'étentlard, le taniWour et la trom- Ijett«s rtkrlamaient le droit «le charger en tét* «le la cavalerie ou de marcher en tôt* des colonnes d'assaut ; 7' les grenadiers de la maistm, constitué» en 1070, et combattant également à pied et à cheval; b* les gardes françaises, troupes d'iufauterie, dont l'effectif, depuis

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Louis Xlll, s'élevait ii IKHio hommes ; H" les (jnrrfrs suisses, au iiomlirc de 2500 hoinines.

La Maison militaire n'était pas alors ce qu'elle est devenue à la fin du XVI II" siècle, une milice de parade. C'était surtout devant l'ennemi qu'elle tenait à ses privilèges, et, même pour des expéditions lointaines, on ne l'épargnait point. C'est la cavalerie de la Maison qui, en 1G92, à Steinkerque, assura la victoire un moment compromise. Les gardes françaises se trouvent partout: à Djidjelli (Algérie) eu 1661, dans l'île de Candie en 1669, à Senef en 1674, en Alsace avec Turenne, en 1675.

La gendarmerie. — Après la Maison du roi, venait la gendarmerie, que l'on considérait comme l'héritière des premières compagnies d'ordonnance et même de l'ancienne chevalerie féodale. Elle doit presque toute son organisation à Louvois. Il n'avait trouvé que la compagnie des gendarmes écossais ^ qui datait de Charles VIT. Il créa successivement huit autres compagnies : les gendarmes. d'Orléans, en l'honneur de Monsieur, les gendarmes Dauphin, les gendarmes anglais, composés de catholiques des Iles Britanniques, les gendarmes bourguignons, les gendarmes d'Anjou, les gendarmes de Bourgogne, les gendarmes de Berrg, les gendarmes de la Reine, plus trois compagnies de chevau-le'gers, celles de la Reine, du Dauphin et de Monsieur.

La Maison du roi, avec la gendarmerie, donnait un effectif d'environ 3.500 cavaliers et 12000 fantassins, les premiers du royaume.

La cavalerie de ligne. — Dans l'armée de ligne, le premier rang appartenait à la cavalerie. Le préjugé chevaleresque mettait encore le cavalier au-dessus du fantassin ; la noblesse se portait de préférence dans les troupes à cheval, laissant la, piétaille aux roturiers. Un cavalier s'appelait un maître. Au moment de l'action, l'officier de cavalerie disait poliment à ses soldats: " Messieurs les maîtres,

1 Les gendarmes écossais remontaient à Jean Stuart, tué en 1429 à la bataille de Rouvray, et comptaient trois cent cinquante-quatre ans d'existence.

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