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L'ETAT D'ESPRIT QU'IL FAUT

Au début de cette année, qui donnera une très grande date à l'histoire, souhaitons-nous de maintenir nos esprits en l'état de fermeté, en nous gardant des illusions et des paniques.

A peu près toute la presse nous induit aux illusions. Elle atténue les nouvelles fâcheuses : par exemple, elle a présenté la prise d'Anvers par les Allemands comme un acte insignifiant. Lors de la première marche des Russes en Prusse Orientale, elle en a célébré l'allure triomphale ; même certaine manchette annonça que nos alliés n'étaient plus qu'à cinq étapes de Berlin. Du grand revers des Russes et de leur recul, nos journaux ont à peine parlé. De même, pendant la formidable lutte engagée entre la Vistule et la Wartha, de trop grandes espérances nous ont été données prématurément.

Après que tant d'armées autrichiennes ont été exterminées par des télégrammes, comment ne pas croire qu'il ne reste plus d'armée à l'Autriche? Pourquoi voulons-nous que les perpétuelles attaques allemandes sur nos lignes soient des efforts « désespérés»? Et, parce que des soldats allemands, pris au sortir de tranchées oîi ils ont passé des jours et

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