‹ Pages choisies et fragments inédits...PubChapitre 3 sur 17 · PARIS LIBRAIRIE FISCHBACHER · texte numérisé non relu

PARIS LIBRAIRIE FISCHBACHER

SocUli Anonyme 'A3, RUE DE SEINE, 33

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DE

FELIX PECAUT

LETTRE-PEÉFÂCE

Mon cher ami,

Vous (irez eu riihon tic iicnser que je serais heurcujc de saisir l'occasion on le prctuvle de ce recueil que vous i>ubliez pour consacrer une élude^ telle qu'il la luérile, à votre père h'éli.i l'ôcaut. Je m'élais flallé de Iroucer le temps de mener à bonne fut cette œuvre de piôté presque Idiale. l-^t les heures que j'y ai passées m'oiU (ail mieur voir encore la richesse de celle personne morale qu'on retrouve toujours, à mesure qu'on la commit dnvantnye, plus profonde et plus admiralde.

Mais, c'est précis(bncnt celle ampleur du sujet qui m'accable. Il me faudrail encore, je le sens, des jours et des seinaines pour achever le portrait que -je vouilrais tracer. On ne fail pas revivre un tel homme sans repasser par tous les chemins où il a laissé quelque chose de lui. Il jaul suivre le mouvement de sa pensée, qui ne l'i'sl arrôU' qu'avec son dernier souffle.

Votre petit Volume ne doit pas tUre retardé ilnvantufjf par un travail qui se ferait trop long- It'tnps alleiulre. Publiez-le donc, cher ami, sans préface.

Je serais leitlè île dire que ce recueil n'en raudrn que niietu el n'en sent, (/wc ji^wy i}i(t'ressaiil ù lire. Le lecteur ira A la découverte. Saim guide el xatis coiniiienlaire, il se Iroiireru, d'duie à àitw, directeuient en conlael arec un hnntuie iitii a le don de se faire compreruire, ch .vc [ai.'^anl aimer, dès U-s prrnders mois.

("est ponriaid une Icrrihic éjircun- ^/i/c a.dle que cous laites subir à lu pensée de rutre père, je veux dire cette coupure par e.rtrails courts cl morcelés, ce choix qui isole ijuelqucs pages ou quehiues tirines. au lien de les laisser à leur pltuc dans un. raistninenient, à leur moment duns l'éiuilulion d'un esprit, c(nnine les anneaux d'une clntinc sans [in.

Et, de plus, la ilirision en trois parties que enns arr: adoptée est clle-niénw presque artificielle. tlteUgion, poliliqjie, éducation»: ce sont bien trois asjtecls divers de l'œuvre et de la rie de notre atni. Mais ii vrai ilire, ils se pénètrent si élroilenient qu'au dedans de hii-uiéme ils se conf<H>dnienl, l'écaul a tmijinirs été une lUne reli(iiease, ninis ce qu'il apprtail n'Uijimi. même aranl qu'il eût répuilié l'or tin ido.r'o' et la [in itogmaliqae, c'était une clnyse si virante et si ailée, la pinirsiiile il'nn idéal si humain, si essentiellement moral el soc'ial, 'ji/c même dans ses prenners écrits vous n'avez pas eu île peine à re- Irourer des expressions qui nous le rérèlent déjà tel qu'il apparaUra mieux plus tard, un Innnnie soucieux avant tout de l'éducation civique el de la

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fonntUinn de ht cnusrinicc ]»ililiqiip. fhnc tir lit itétiiocrolif.

l.e culliolicùme nous a, par force, luibilués à Hfii/s représenter lu religion telle qu'il ia jaçoniiée nu mulilée. Nous ne parvenons jitus û la roir (tutreuienl que sous l'uve âe ces deux formes : on bien une obéissance se traduisant par la soumission areuyie à l'hlglise, en. matière de doctrines et on n}ati.ère de pratiques, ou bien, s'il s\t(jil d'esprits qui écliappent à cette discipline étroite, nue sorte lie poésie »((/*/(</(/(' qui se perd eu beau.i rêves et en vagues élans de sentiment.

M. l'une in raulre n'est la religion de l'élix Vécaul. De très bontie heure il « ose dire sans renmrds, sanjt scrupule, à l'autorité religieuse quelle qu'elle soil : Sous ne le connaissons point. \inis avons charge de nous-mêmes ». De très bonne heure aussi, il fuit consister la religitn\ diin.< la nnirale, et la morale ihnis In raisnii npidiiiuér aux rapports des hoaunes entre eu.c.

Son idéalisme n'est januiis mystique, jamais non plus à un degré quelcontjne supriinaliintHsle. Il prend pied dans la nature linmaine. Il réduit tontes ses presci-iplions à celle-ci : « Il faut être honnne, le plus himrme fiossible ». Or on ne l'esl pas comptèlement, si l'on ne songe qu'aux intérêts matériels, si l'on ne vit que poujr soi seul : l'égoisle est la dupe de son moi. On ne l'est pas non plus, si Con s'enferme cm duns le parti pris d'obéir cl de ne penser que par procuration, ou d(nis l'indifférence à tmis les nidiles soucis qui lournicnlent

VIJI

l'hoiiiiiu' rrrilithir, ou ifmi-'i /c.v .viyv/iî'mcv /(fi/-v tout i'.)l>it'ii jiiiiir cousercer l'ui-iln- \ui:iid, ijuiir iikii.s ili.\pL'it\er (l'fiiU'tidrc. le cri de-s titassea popidaiie.s n-claiiHtnl liniiiiiin- plus de justice.

Tiiit\ CCS iHiiiiIft di^ ciii' ,'<'fidiriroi'^cid \iiit\ cesse ihtii\ ii"ntii>iiiii' iininrtli' dcM li'nis- pnrtira ilc l'ulri' recueils niuiL cher ami, parce qu'iti, élaiciil \un.s cesse ]>réseids à Cesprit de vtdre père, l'uhticiste, il élail. éilucaleiir. Eiliiculnir, d jad île ht polilitine lin sens le plus erui du mol. Enlendcz pur là celle ipii, dédaigmul les queslions de persuiiiie el les iuléréls de piaii, élèee t'hiDintir el lu siiriéti^ à 1(1 récite relie d'iiu idéal iudi^jiiiiiiieid ijniiidissiinl. t"e!<l eel idéiil ipi'il rtiUiiche à l'Ordre iiidrerscl; il le considère ciiiiniic In réulilé suprême, il en fiiil sa religion.

Coniiiieid, iiii.r direrses pluises île celle rie .vf pleine, s'est dèreloppée celle pi^c'^ée \i nue en su rariélé mmirunle, ce sera le clinnne du lecleur de le diUnéler, page après pnije. Il ne suiern pus sans éntidiint ce Imnj el eunscieucieu.r Itibear d'une ilnie d'élile qui, uu délnil, s'éuiuncipe sans hésilalinn ciinime sans oslenlulinn; ipii se creuse ensuile el s'apjtraltindil etle-nn''ine aree une si^rèndé de jruneliisc (hnil les meilleurs d'entre nous . sont rarement capables; qui, plus tard, mu heures Iroiildes de lu l'inniniine. c'.t ciunnie ^uisie ilii sentiment sneial, disatis niien.r. saisie de remords à la pensée du peu qu'n juit lu hourçieoisie pmir le peuple; qui enfin, dans les ilemières aniii''es, diut'i ce beau el pihiélruid jiroliwsnrul de l'ontenaij, s'é-

pdiwuil, large, aimante, généreuse, slimulanl h;x jeunes énergies, semant l'espérance et le courage, donnant à la France tout un personnel d'éducairices laïques.

Croyez-moi, cher ami, un tel livre, même en cette forme modeste de morceaux épars et sam lien apparent, parlera très clair et très haut à toutes les consciences. Croyants et incroyants, républicains et conservateurs, socialistes et imhvidualistes y trouveront matière à réllexion. Jjiissons-les conclure d'eux-mêmes et tout seuls. Qu'ils ouvrent seulement le volume, je suis sûr qu'ils iront jusqu'au bout, plus sûr encore qu'Us y reviendront.

Merci à vous, mon cher ami, dont la itiélé filiale, en choisissant ces pages, en y joignant ces beau.r fragments intimes encore inédits, a fait ce recueil qu'on eût intitulé autrefois : l'Esprit de Félix lY'Cîuil. Pui.s.senL-elles contribuer à juive ntieu.r iinnutilre à ce pays, un de ses plus nobles enfants!

Confialemenl à vous

F. m ISSON.

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