BOULAQ ET SAQQARAH
« Au commencement,... l'Esprit de Dieu planait sur les eaux..., » sur les eaux du Nil, pourrait-on dire en appropriant un autre sens au texte biblique. A l'origine de tout, dans les ténèbres confuses de ce qui, étant donné l'état de nos connaissances historiques, est pour nous les premiers jours de l'humanité, nous trouvons ici l'Esprit, c'est-à-dire une civilisation complète, savante, puissante, venue on ne sait d'où, née on ne sait de qui, mère de toutes les autres. Deux mille ans avant que la pensée juive eût agité les questions d'origine, ce peuple-ci vivait, pensait, écrivait en plein développement. A l'heure où Abraham se montre au sommet de l'histoire, où les empires de Chaldée et d'Assyrie apparaissent confusément, où nous avions coutume de voir dans la vie patriarcale le premier essai de société humaine, cette race d'Egypte est déjà vieille, en décadence sous plus d'un rapport ; il y a plus de vingt siècles que ses cités prospèrent à l'ombre de ses pyramides.
Tel est le fait qui commande toute notre attention. Je ne sais quelles surprises et quelles clartés ce siècle de transformations scientifiques réserve à notre génération ; mais tous ceux qui ont vu comme moi, dans le hasard d'un voyage, s'ouvrir