CARNETS DE VOYAGE
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Les Notes sur la Province sont un ouvrage posthume (1897). Elles ont été prises par Taine durant les trois tournées qu'il fit en 1863, 1864, 1865, comme examinateur d'admission à Saint-Cyr. « Ce sont des notes prises au jour le jour, sur de tout petits cahiers, la plupart du temps au crayon, presque toujours sans correction, ni ratures. » Les Notes sur Paris, le Voyage en Italie, les Notes sur V Angleterre ont été tirés de carnets analogues; mais de ces livres, publiés par l'écrivain lui-même, aux Noies sur la Province, il y a la ditlërence d'un premier jet à la rédaction complète et définitive. Et c'est peut-être le principal intérêt de ces Carnets de voyage de nous faire saisir sur Je vif, à sa source en quelque sorte, la pensée de Taine jaillissant, cherchant et trouvant sa forme. Certaines belles pages descriptives des Cahiers ayant été reprises et récrites dans le Voyage en Italie, dans les Notes sur Paris, dans l'article sur Sainte Odile {Derniers Essais), on pourra, entre le texte primitif et le texte entièrement arrêté, instituer une comparaison instructive*.
Pour ce qui est du fond, cette peinture de la vie provinciale est peut-être, çà et là, quelque peu rapide et superficielle, et l'on voudrait surtout y trouver un peu plus de cette indulgence, de cette sympathie qui donnent tant de prix aux romans de George Sand et de George Eliot. Taine en avait lui-même une certaine conscience : « Peut-être, écrit-il quelque part, peut-être y a-t-il un défaut dans toutes mes,