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DE I/INTELLIGENCE

NOTICE

Annonçant à Sainte-Beuve, le 15 juin 4867, qu'il travaillait à son traité de V Intelligence, Taine ajoutait : « Il faut une concentration d'esprit complète et beaucoup de santé pour faire un pareil travail. J'y tiens, parce que là est la racine de toutes mes idées psychologiques et morales. » Il disait vrai : en un certain sens, le livre de ïhitclligence est le plus essentiel et le plus important de toute l'œuvre de Taine, et, s'il n'était pas quelque peu technique, et plus malaisé qu'aucun autre à morceler, c'est celui qu'il y aurait eu lieu peut-être d' (( extraire » le plus largement. En tout cas, c'est le plus spontané de tous ceux que Taine a écrits, puisque c'est le premier auquel, tout jeune professeur à Nevers, il ait songé, — sa thèse primitive de doctorat, sur la Sensation, n'est qu'une première version de V Intelligence, — et le seul qui ne lui ait pas été inspiré par les circonstances. Même à travers ses autres occupations, il ne cessait d'y revenir, soit pour compléter ses premièx'es recherches, soit, le livre une fois publié, pour en remanier, corriger, perfectionner les éditions successives (1870, 1878, 18S5); et en le dédiant « à la mémoire de Franz Wœpke, orientaliste et mathématicien », il avait le droit d'écrire : « L'ouvrage auquel on a le plus réfléchi doit être honoré par le nom de l'ami qu'on a le plus respecté. »

Le livre de l'Intelligence est avant tout un traité de psychologie expérimentale. Condillac, Stuart Mill, Bain, voilà en effet les philosophes auxquels Taine s'apparente, et auxquels il a emprunté, de son propre aveu, quelques-unes des maîtresses pièces de son système. Il avait voulu faire œuvre de science rigoureusement positive. « La pure spéculation philosophique, déclarait-il dans sa Préface, n'occupe guère ici

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