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Cela ne l'empêcha pas de se remarier

DIOGRAIMllE.

LA TANTE SUZON. — LE COUSIN BEIiNARD.

Je n'avais sous les yeux que des exemples de douceur, et autour de moi que les meilleures gens du monde. 3Ion père, ma tante, ma mie*, mes parents, nos amis, nos voisins, tout ce qui m'environnait ne m'obéissait pas à la vérité, mais m"aimait; et moi je les aimais de même. i\Ies volontés étaient si peu excitées et si peu contrariées, qu'il ne me venait pas dans l'esprit d'en avoir. Je puis jurer que jusqu'à mon asservissement sous un maître- je nai pas su ce que cétait qu'une fantaisie. Hors le temps c{ue je passais à lire ou écrire auprès de mon père, et celui où ma mie me menait promener, j'étais toujours avec ma tante, à la voir broder, à l'entendre chanter, assis ou debout à côté d'elle; et l'étais content. Son enjouement, sa douceur, sa figure agréable, m'ont laissé de si fortes impressions, que je vois encore son air, son regard, son attitude : je me souviens de ses petits propos caressants; je dirais comment elle était vêtue et coiffée, sans oublier les deux crochets c|ue ses cheveux noirs faisaient sur ses tempes, selon la mode de ce temps-là.

Je suis persuadé cpje je lui dois le goût ou plutôt la passion pour la musique, c{ui ne s'est bien développée en moi que longtemps après. Elle savait une quantité prodigieuse d'airs et de chansons, qu'elle chantait avec un filet de voix fort douce. La sérénité d'àme de cette excellente fille éloignait d'elle et de tout ce qui l'environnait la rêverie et la tristesse. L'attrait c{ue son chant avait pour moi fut tel, que non seulement plusieurs de ses chansons me sont toujours restées dans la mémoire, mais cju'il m'en revient même, aujourd'hui que je l'ai perdue, qui, totalement oubliées depuis mon enfance, se retracent à mesure que je vieillis, avec un chai-me

1. Autre lante. qu'il appelait • ma raie Jacqueline». — La tante Suzon devint M"" Gonccru.

Iliiijsseou l'aimait l>eaucoup, cl.

plus tard, lui servit une pension.

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