‹ Pages choisiesChapitre 11 sur 202 · Idée favorite de Rousseau · texte numérisé non relu

Idée favorite de Rousseau

c'est la servitude qui pousse riioinme au caprice.

que je ne puis exprimer. Dirait-on que moi, vieux radoteur, rongé de soucis et de peines, je me surprends quelquefois à pieurer comme un enfant en marmottant ces petits airs d'une voix déjà cassée et tremblante? Il y en a un sui-lout cjui m'est bien revenu tout entier quant à l'air; mais la seconde moitié des paroles s'est constamment refusée à tous mes efforts pour me la rappeler, quoiqu'il m'en revienne confusément les rimes. Voici le commencement, et ce que j'ai pu me rappeler du reste :

Tircis, je n'ose Écouler ton chalumeau

Sous l'ormeau;

Car on en cause Déjà dans notre hameau.

un Ijergcr

s'engager

sans danger

Et toujours l'épine est sous la rose*.

Je cherche où est le charme attendrissant que mon cœur trouve à cette chanson : c'est un caprice auquel je ne comprends rien ; mais il m'est de toute impossibilité de la chanter jusqu'à la fin sans être arrêté par nies larmes. J'ai cent fois projeté d'écrire à Paris pour faire chercher le reste des paroles, si tant est que quelqu'un les connaisse encore. Mais je suis presque sûr que le plaisir que je prends à me rappeler cet air s'éva nouirait en partie, si j'avais la preuve que d'autres cjue ma pauvre tante Suzon l'ont chanté.

L'habitude de vivre ensemble dans un état paisible m'unit tendrement à mon cousin Bernard. En peu de temps j'eus pour lui des sentiments plus affectueux C|ue ceux que j'avais eus pour mon frère, et qui ne se sont

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