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Rousseau force la noie, par

amour de l'antithèse. II faut se rappeler d'ailleurs qu'il réserve au mari la meilleure part de l'éducation. C'est un peu attendre.

L EDUCATION PIIYSIOLE.

l'n (les premiers, Rousseau a prôné réducation physique. î! en fait comme la pierre angulaire de son système (réducation. Ici il s'adresse plus particulièrement aux Polonais, mais il ne fait guère que leur répéter ce qu'il avait dit aux Français dans VÉmile.

Dans tous les collèges il faut établir un gymnase ou lieu d'exercices corporels pour les enfants. Cet article si négligé est, selon moi, la partie la plus importante de réducation, non seulement pour former des tempéraments ro])ustes et sains, mais encore plus pour l'objet moral, qu'on néglige ou qu'on ne remplit que par un tas de préceptes pédantesques et vains qui sont autant de paroles perdues. Je ne redirai jamais assez que la bonne éducation doit être négative*. Empêchez les vices de naître, vous aurez assez fait pour la vertu. Le moyen en est de la dernière facilité dans la bonne éducation publique : c'est de tenir toujours les enfants en haleine, non par d'ennuyeuses études où ils n'entendent rien et qu'ils prennent en haine par cela seul qu'ils sont forcés de rester en place, mais par des exercices qui leur plaisent, en satisfaisant au besoin qu'en croissant a leur corps de s'agiter, et dont l'agrément pour eux ne se bornera pas là.

On ne doit point permettre quils jouent séparément à leur fantaisie, mais tous ensemble et en public, de i manière qu'il y ait toujours un but commun auquel tous aspirent, et qui excite la concurrence et Témulation. Les parents qui préféreront l'éducation domestique, et feront élever leurs enfants sous leurs yeux, doivent cependant les envoyer à ces exercices. Leur instruction peut être domestique. et particulière, mais leurs jeux doivent toujours être publics et communs à

1. Rappelons le point de départ de Rousseau : L'enfant est bon; il s'agit seulement de le conserver tel. De là ce qu'il appelle « l'd-du-

caUon négative ». Le principe est très contestable; mais la conséquence est logique. — Voir plus loin, p. 281.

1. Rousseau est hanlé par le souvenir des républiques de l'antiquité.L'éducation publique semble aujourd'luii utopie.

2. C'est-à-dire de l'état le plus souhaitable, celui que l'auteur regrette et dont il voudrait voir la société se rapprocher.

tous ; car il ne s'agit pas seulement ici de les occuper, de leur former une constitution robuste, de les rendre agiles et découplés, mais de les accoutumer de bonne heure à la règle, à l'égalité, à la fraternité, aux concurrences, à vivre sous les yeux de leurs concitoyens et à désirer l'approbation publique». Pour cela il ne faut pas que les prix et récompenses des vainqueurs soient distribués arbitrairement parles maîtres des exercices, ni par les chefs des collèges, mais par acclamation et au jugement des spectateurs : et l'on peut compter que ces jugements seront toujours justes, surtout si l'on a soin de rendre ces jeux attirants pour le public, en les ordonnant avec un peu d'appareil et de façon qu'ils fassent spectacle. Alors il est à présumer que tous les honnêtes gens et tous les bons patriotes se feront un devoir et un plaisir d'y assister. {Gouvern. de Pologne.)

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