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Ceci esl parfailemenl exact

mais les doses étaient plus faii)les. el les circonstances dilTérentes (ce qui explique, sans excuser).

2. Celle réflexion est encore jusie. mais pas au sens «juc Rousseau croit ou voudrait faire coi-

ic. A la date de l'Emile, on méditait l'expulsion des Jésuites Le pouvoir crut nécessaire de montrer la même rigueur pour Rousseau, et de ne point faire de jaloux. Cet acte de despoiisme fut avant tout un acle de fri-

Il y a longtemps qu'on a substitué des bienséances d'État à la justice. Je sais qu'il est des circonstances malheureuses qui forcent un homme public à sévir malgré lui contre un bon citoyen. Oui veut être modéré parmi des furieux s'expose à leur furie ; et je comprends que, dans un déchaînement pareil à celui dont je suis la victime, il faut hurler avec les loups, ou risquer d'être dévoré. Je ne me plains donc pas que vous ayez donné un mandement contre mon livre; mais je me plains que vous l'ayez donné contre ma personne, avec aussi peu d'honnêteté que de vérité; je me plains qu'autorisant par votre propre langage celui que vous me reprochez d'avoir mis dans la bouche de l'inspirée vous m'accabliez d'injures, qui, sans nuire à ma cause, attaquent mon honneur ou plutôt le vôtre; je me plains que de gaieté de cœur, sans raison, sans nécessité, sans respect au moins pour mes malheurs, vous m'outragiez d'un ton si peu digne de votre caractère. Et cjue vous avais-je donc fait, moi qui parlai toujours de vous avec tant d'estime; moi qui tant de fois admirai votre inébranlable fermeté, en déplorant, il est vrai, l'usage que vos préjugés vous en faisaient faire ; moi qui toujours honorai vos mœurs, qui toujours respectai vos vertus, et qui les respecte encore aujourd'hui que vous m'avez déchiré?

C'est ainsi qu'on se tire d'affaire quand on veut quereller et qu'on a tort. Ne pouvant résoudre mes objections, vous m'en avez fait des crimes : vous avez cru m'avilir en me maltraitant, et vous vous êtes trompé; sans affaiblir mes raisons, vous avez intéressé les cœurs généreux à mes disgrâces; vous avez fait croire aux gens sensés Cju'on pouvait ne pas bien juger du livre quand on jugeait si mal de l'auteur.

Monseigneur, vous n'avez été pour moi ni humain ni généreux; et non seulement vous pouviez l'être sans m'épargner aucune des choses que vous avez dites contre mon ouvrage, mais elles n'en auraient fait que

Le vicaire savoyard.

poLiTiorr. ET pO[,i:MiorE. r*77

loiix leur effet. Voyons si vous avez été du moins luitable et juste; car c'est un devoir étroit imposé à iiis les hommes, et les saints mêmes n'en sont pas î<|>ensés.

I Rousseau discute ot rofute les divers articles du mande- •nt. — Il conclut ainsi :]

Je viens, monseigneur, de discuter tout ce que vous :il léguez contre mon livre. Je n'ai pas laissé passer une '•' vos propositions sans examen : j'ai fait voir que vous

âvez raison dans aucun point, et je n'ai pas peur vjuon réfute mes preuves; elles sont au-dessus de toute réplique où règne le sens commun.

Cependant, quand j'aurais eu tort en quelques endroits, quand j'aurais eu toujours tort, quelle indulgence ne méritait point un livre où l'on sent partout, même dans les erreurs, même dans le mal qui peut y être, le sincère amour du bien et le zèle de la vérité; un livre où l'auteur, si peu affirmatif, si peu décisif, avertit si souvent ses lecteurs de se défier de ses idées, de peser ses preuves , de ne leur donner que Fautorité de la raison; un livre qui ne respire que paix, douceur, patience, amour de Tordre, obéissance aux lois en toute chose, et même en matière de religion; un livre enfin où la cause de la Divinité est si bien défendue, futilité de la religion si bien établie, où les mœurs sont si respectées, où l'arme du ridicule est si bien ôtée au vice, où la méchanceté est peinte si peu sensée, et la vertu si aimable? Eh! quand il n'y aurait pas un mot de vérité dans cet ouvrage, on en devrait honorer et chérir les rêveries comme les chimères les plus douces qui puissent flatter et nourrir le cœur d'un homme de bien. Oui, je ne crains point de le dire, s'il existait en Europe un seul gouvernement vraiment éclairé, un gouvernement dont les vues fussent vraiment utiles et saines, il eût rendu des honneurs publics à l'auteur d'Emile, il lui eût élevé des statues. Je connaissais trop les hommes pour attendre d'eux de la reconnaissance;

je ne les connaissais pas assez, je l'avoue, pour en attendre ce qu'ils ont fait.

Après avoir prouvé que vous avez mal raisonné dans vos censures, il me reste à prouver que vous m'avez' calomnié dans vos injures. Mais, puisque vous ne m'injuriez qu'en vertu des torts que vous m'imputez dans mon livre, montrer que mes prétendus torts ne, sont que les vôtres, n'est-ce pas dire assez que les injures qui les suivent ne doivent pas être pour moi? vous chargez mon ouvrage des épithètes les plus odieuses, et moi, je suis un homme abominable, un téméraire, un impie, un imposteur. Charité chrétienne, que vous ayez un étrange langage dans la bouche deS;' ministres de Jésus-Christ!

Mais vous qui m'osez reprocher des blasphèmes, que faites-vous quand vous prenez les apôtres pour com-i plices des propos offensants qu'il vous plaît de tenir sur mon compte? A vous entendre, on croirait que saint Paul m'a fait l'honneur de songer à moi, et d( prédire ma venue comme celle de l'Antéchrist. Et com ment l'a-t-il prédite, je vous prie? Le voici : c'est le début de votre mandement.

Saint Paul a prédit^ M. T. C. F., qu'il viendrait des jours périlleux, où il y aurait des gens amateurs d'euxmêmes, fiers, superbes, blasphémateurs, impies, calomniateurs, en/lés d'orgueil, amateurs de voluptés plutôt que de Dieu; des Jiommes d'un esprit corrompu, e.t pervertis dans la foi.

Je ne conteste assurément pas que cette prédiction de saint Paul ne soit très bien accomplie; mais s'il eût prédit au contraire qu'il viendrait un temps où l'on ne verrait point de ces gens-là, j'aurais été, je l'avoue, beaucoup plus frappé de la prédiction, et surtout de l'accomplissement.

D'après une [)rophétie si bien ai)pliquée, vous avez la bonté de faire de moi un portrait dans lequel la gravité épiscopale s'égaye à des antithèses, et où je me trouve un personnage fort plaisant. Cet endroit, mon-

rOMTIOrE ET POLÉMIOUE. 379

seigneur, ma paru le plus joli morceau de votre man- (lemcut; on ne saurait faire une satire plus agréable, ni diffamer un homme avec plus d'esprit'.

Du sein de Verreur (il est vrai que j'ai passé ma jeunesse dans votre Église) il s est élevé (pas fort haut) un homme plein du lanijage de la jJiilosophie (comment prendrais-je un langage que je n"entends point?) scms être vé ri table me 71 1 philosophe (oh ! d'accord, je n'aspirai jamais à ce titre, auquel je reconnais n'avoir aucun droit, et je n'y renonce assurément pas par modestie); esprit doué d'une multitude de connaissances (j'ai appris à ignorer des multitudes de choses que je croyais savoir) qui ne Vont pas éclairé (elles m'ont appris à ne pas penser l'être), et qui ont répandu des ténèbres dans les autres esprits (les ténèbres de l'ignorance valent mieux que la fausse lumière de l'erreur) ; caractère livré aux paradoxes d'opinions et de conduite (y a-t-il beaucoup à perdre à ne pas agir et penser comme tout le monde?), alliant la simplicité des mœurs avec le faste des pensées (la simplicité des mœurs élève l'àme; quant au faste de mes pensées, je ne sais ce que c'est), le zèle des maximes antiques avec la fureur d'établir des nouveautés (rien de plus nouveau pour nous que des maximes antiques: il n'y a point à cela d'alliage, et je n'y ai point mis de fureur), l'obscurité de la retraite avec le désir d'être connu de tout le monde (monseigneur, vous voilà comme les faiseurs de romans, qui devinent tout ce que leur héros a dit et pensé dans sa chambre. Si c'est ce désir qui m'a mis la plume à la main, expliquez comment il m'est venu si tard, ou pourquoi j'ai tardé si longtemps à le satisfaire). On l'a vu invectiver contre les sciences qu'il cultivait (cela prouve que je n'imite pas vos gens de lettres, et que dans mes écrits l'intérêt de la vérité marche avant le mien), préconiser l'excellence de l'Evangile (toujours et avec le plus grand zèle), dont il détruisait les dofjmes (non, mais j'en prêchais la charité, bien

1. Ce morceau est en effet pi- i agréable et de ses mérites littéquaiit, et l'on disputait alors raircs. Mais iiuelle cuisante crid?.ns les salons de son tour | tique!

détruite par les prêtres) ; peindre la beauté des vertu | quHt éteignait dans l'âme de ses lecteurs (âmes hon nêtes, est-il vrai que j'éteins en vous l'amour de vertus?).

H s'est fait le précepteur du genre humain pour le trom\ per, le moniteur public pour égarer tout le monde, rorackï du siècle pour achever de le perdre (je viens d'examiner comment vous avez prouvé tout cela). Dans un ouvragÀ sur Vinégalité des conditions (pourquoi des conditions? ce n'est là ni mon sujet ni mon titre), il avait rabaissé lliomme jusqu'au rang des bétes (lequel de nous deux l'élève ou l'abaisse, dans l'alternative d'être bête ou méchant?). Dans une autre production plus récente, il avait insinué le poison de la volupté (eh ! que ne puis-je aux horreurs de la débauche substituer le charme de laj volupté!) Dans celui-ci, il s'^ empare des premiers moments^ de Ihomme, afin d'établir Vempire de l'irréligion (cettfj imputation a déjà été examinée). l

Voilà, monseigneur, comment vous me traitez, c | bien plus cruellement encore, moi que vous ne con'i naissez point, et que vous ne jugez que sur des ouii^ dire. Est-ce donc là la morale de cet Évangile dont vou.^ vous portez pour le défenseur? Accordons que vous' voulez préserver votre troupeau du poison de mon livre : pourquoi des personnalités contre l'auteur? J'ignore quel effet vous attendez d'une conduite si peu chrétienne ; mais je sais que défendre sa religion par de telles armes, c'est la rendre fort suspecte aux gens de bien.

Cependant c'est moi que vous appelez téméraire. Eh! comment ai-je mérité ce nom, en ne proposant que des doutes, et même avec tant de réserve ; en n'avançant que des raisons, et même avec tant de respect; en n'attaquant personne, en ne nommant personne? Et vous, monseigneur, comment osez-vous traiter ainsi celui dont vous parlez avec si peu de justice et de bienséance, avec si peu d'égards, avec tant de légèreté?

Vous me traitez d'impie! et de quelle impiété pouvezvous m'accuscr, moi qui jamais n'ai parlé de l'Être"

POLITIQUE ET POLÉ.MIOUE. 381

suprême que poui-ku rendre la gloire qui lui est due, ni du prochain que pour porter tout le monde à raimer'' Les impies sont ceux qui profanent indignement la cause de Dieu en la faisant servir aux passions des lommes. Les impies sont ceux qui, s'osant porter pour nterprètes de la Divinité, pour arbitres entre elle et es hommes, exigent pour eux-mêmes les honneurs qui ui sont dus. Les impies sont ceux qui s'arrogent le droit d'exercer le pouvoir de Dieu sur la terre, et veulent ouvrir et fermer le ciel à leur gré. Les impies sont ceux qui font lire des libelles dans les églises. A cette idée horrible, tout mon sang s"allume, et des larmes d'indignation coulent de mes yeux. Prêtres du Dieu de paix, vous lui rendrez compte un jour, n'en doutez pas. de l'usage que vous osez faire de sa maison. Vous me traitez d'imposteur! et pourquoi? Dans otre manière de penser, j'erre ; mais où est mon im- Dsture? Raisonner et se tromper, est-ce en imposer? n sophiste même qui trompe sans se tromper n'est as un imposteur encore, tant qu'il se borne à l'autorité e la raison, quoiqu'il en abuse. Un imposteur veut tre cru sur sa parole, il veut lui-même faire autorité. Un imposteur est un fourbe qui veut en imposer aux autres pour s'on profit : et où est, je vous prie, mon profit dans cette affaire? Les imposteurs sont, selon Ulpien, ceux qui font des piestiges, des imprécations, des exorcismes : or, assurément, je n'ai jamais rien fait de tout cela.

Que vous discourez à votre aise, vous autres hommes constitués en dignité! Ne reconnaissant de droits que les vôtres, ni de lois que celles que vous imposez, loin de vous faire un devoir d'être justes, vous ne vous croyez pas même obligés d'être humains. Vous accablez fièrement le faible, sans répondre de vos iniquités à personne : les outrages ne vous coûtent pas plus que les violences; sur les moindres convenances d'intérêt ou d'état, vous nous balayez devant vous comme la poussière. Les uns décrètent et brûlent, les autres ditfament et déshonorent, sans droit, sans raison, sans

mépris, même sans colère, uniquement parce que cela les arrange, et que l'infortuné se trouve sur leur chemin. Quand vous nous insultez impunément, il ne nous est pas même permis de nous plaindre; et si nous montrons notre innocence et vos torts, on nous accuse de vous manquer de respect.

Monseigneur, vous m'avez insulté publiquement : je viens de vous prouver que vous m'avez calomnié. Si vous étiez un particulier comme moi, que je pusse vous citer devant un tribunal équitable, et que nous y comparussions tous deux, moi avec mon livre et vous avec votre mandement, vous y seriez certainement déclaré coupable, et condamné à me faire une réparation aussi publique que l'offense l'a été. Mais vous tenez un rang où l'on est dispensé d'être juste; et je ne suis rien. Cependant vous, qui professez l'Évangile, vous, prélat fait pour apprendre aux autres leur devoir, vous savez le vôtre en pareil cas. Pour moi, j"ai fait le mien, je n'ai plus rien à vous dire, et je me tais.

Daignez, Monseigneur, agréer mon profond respect.

J.-J. Rousseau.

Moliers, le 1^ novembre 1762.

Je n'ai point d'autre manière de juger de mes lectures que de sonder les dispositions où elles laissent mon âme, et jimagine à peine quelle sorte de bonté peut avoir un livre qui ne porte point ses lecteurs au l3ien.

Les plus sublimes vertus sont négatives : elles sont aussi les plus difficiles, parce qu'elles sont sans ostentation, et au-dessus même de ce plaisir, si doux au cœur de Ihomme, d'en renvoyer un autre content de nous.

L'homme est très fort quand il se contente d'être ce qu'il est; il est très faible quand il veut s'élever audessus de Ihumanité.

La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.

Souvent on compose avec ses devoirs à force d'y rélléchir. et Ton finit }jar mettre un jargon à la i)Iace des choses.

On peut briller par la parure, mais on ne plaît que par la personne.

C'est surtout en matière de religion que l'opinion triomphe.

Généralement les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu. Il est simple qu'un ignorant trouve important tout ce qu'il sait, et le dise à tout le monde. Mais un homme instruit n'ouvre pas aisément son répertoire ; il aurait trop à dire, et il voit encore plus à dire après lui : il se tait.

Se plaire à bien faire est le prix d'avoir bien l'ail, et ce prix ne s'obtient qu'après l'avoir mérité.

Il n'est pas dans le cœur humain de se mettre à/la place des gens qui sont plus heureux que nous, mais seulement de ceux qui sont plus à plaindre.

En politique comme en morale, c'est un grand mal que de ne point faire de bien.

On a de tout avec de l'argent, hormis des mœurs et des citoyens.

Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs

et de vertu; les nôtres ne parlent que de commerce et d'argent.

Il n'a point fallu de maîtres à ceux que la nature destinait à faire des disciples.

La critique elle-même n'est qu'un art de conjecturer, l'art de choisir entre i)lusieurs mensonges celui qui ressemble le mieux à la vérité.

La pitié qu'on a du mal d'autrui ne se mesure pas sur la quantité de ce mal. mais sur le sentiment qu'on prête à ceux qui le souffrent.

Il faut parler pour avoir des idées générales.

On ne saurait croire à quel point le cœur du peuple suit ses yeux.

Quiconque veut être libre ne doit pas vouloir être conquérant.

Les anciens avaient des héros, et mettaient des hommes sur leurs théâtres; nous, au contraire, nous n'y mettons que des héros, et à peine avons-nous des hommes.

La continuité des petits devoirs toujours bien remplis ne demande pas moins de force que les actions héroïques.

J.-J. R. LECT. CHOISIES- 25

580 LECTUUES CHOISIES DE J.-J. UOUSSEAU.

Il vaut infiniment mieux avoir toujours l'estime des hommes que quelquefois leur admiration.

La raison prend à la longue le pli que le cœur lui donne.

La bonne éducation doit être négative. Empêchez les vices de naître, et vous aurez assez fait pour la vertu.

Un cœur malade ne peut guère écouter la raison que par l'organe du sentiment.

Un cœur languissant est tendre; la tristesse fait fermenter l'amour.

Être pauvre sans être libre, c'est le pire état où l'homme puisse tomber.

Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir.

L'institution des enfants est un métier où il faut savoir perdre du temps pour en gagner.

On peut résister à tout, hors à la bienveillance : et il n'y a pas de moyen plus sûr d'acquérir l'affection des autres que de leur donner la sienne.

Que ceux qui nous exhortent à faire ce qu'ils disent et non ce qu'ils font disent une grande absurdité! Qui ne fait pas ce qu'il dit ne le dit jamais bien: car le langage du cœur qui touche et persuade y manque.

Il n'y a point pour une nation de pire disette que celle des hommes.

Il n'y a qu'un géomètre et un sot qui puissent parler sans figures.

C'est une chose bien commode que la critique : car où Ton -attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.

Il y a une gentillesse de style, qui. n'étant pas naturelle, ne vient delle-méme à personne, et marque la prétention de celui qui s'en sert.

Le grand secret de l'éducation est de faire que les exercices du corps et ceux de l'esprit servent toujours de délassement les uns aux autres.

On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.

Penser est un art que l'homme apprend comme tous les autres, et même plus difficilement.

Un sot peut réfléchir quelquefois; mais ce n'est jamais qu'après la sottise.

Que faut-il que nos enfants apprennent? Voilà certes une belle question! Qu'ils apprennent ce qu'ils doivent faire étant hommes, et non ce qu'ils doivent oublier.

Il faut une âme saine pour sentir les charmes de la retraite.

L'esprit s'étrécit, à mesure que l'âme se corrompt.

Tant de livres d'histoires, de relations de voyages qu'on imprime, nous font négliger le livre du monde, ou, si nous y lisons encore, chacun s'en tient à son feuillet.

Respectez l'enfance, et ne vous pressez point de la juger, soit en bien, soit en mal. Laissez les exceptions s'indiquer, se prouver, se confirmer longtemps, avant d'adopter pour elles des méthodes particulières. Laissez longtemps agir la nature, avant de vous mêler d'agir à sa place, de peur de contrarier ses opérations.

Le premier pas vers le vice est de mettre du mystère aux actions innocentes; et quiconque aime à se cacher a tôt ou tard raison de se cacher.

C'est le dernier degré de lopprobre, de perdre avec l'innocence le sentiment qui la faisait aimer.

C'est surtout à cause de Tàme qu"il faut exercer le corps; et voilà ce que nos petits sages sont loin de voir.

Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité; et tel est le néant des choses humaines, que, hors l'être existant par lui-même, il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas.

L'amour-propre est un instrument utile, mais dangereux. Souvent il blesse la main qui s'en sert, et il fait rarement du bien sans mal.

Les choses! les choses! Je ne répéterai jamais assez que nous donnons trop de pouvoir aux mots; avec notre éducation babillarde nous ne faisons que des babillards.

Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.

On perd tout le temps qu'on peut mieux employer.

J. s. R. LECT. CHOISIES.

Notice sur J.-J. Rousseau »

Jugements sur J.-J. Rousseau.

Rùlc de Rousseau {Ern. Bersot.) xiii

Éléments du talent de Rousseau [Villemain.) xiii

Le pittoresque de Rousseau [Sainte-Beuve.) xiv

Rousseau épistolier (Sainte-Beuve.) xv

Les beautés durables de Rousseau (D. Nisard.) .... xvi

Rousseau en général (Sainte-Beuve.) xvii

— — — (Lamartine.) xviii

Ouvrages à consulter xix

Ouvrages de Rousseau dont ce volume contient des extraits . xx

L'homme, l'écrivain.

Notice 1

Naissance de Rousseau. — Son père et sa mère .... 3

La tante Suzon. — Le cousin Bernard 5

r Premières lectures. — Leur effet sur l'àme de Rousseau. 8

Un aqueduc! un aqueduc! 9

La première injustice 12

Amour-propre et poltronnerie 14

Jean-Jacques devient « le rebut de tous les métiers . . 15

Sur la pente du vice. — Souvenir de maraude 19

En fuite 20

La fontaine de Héron 22

Les bonnes journées d'un enfant de chœur 2S

Débuts de Jean-Jacques comme compositeur

V Lettre de Rousseau à l'âge de vingt ans 3^

Rousseau interprète d'un archimandrite 3'

En route pour Paris î — L'arrivée 3'

Misère et poésie. — Épisode d'un voyage à Lyon ... 3î

N Rousseau s'instruit seul 41

Pourquoi et comment Jean-Jacques aimait la France. . 4^

Lettres encyclopédiques. — Rousseau « se tâte ». . . . 4(

Dernières études. — La vie de Rousseau aux Charmettcs. 41F

Au Lazaret de Gênes 55

L'Opéra. « Les Muses galantes » jouées devant Rameau. 57

j^- "Le premier « Discours » de Rousseau 59

La « première » du « Devin » 01

Le « Coin du Roi » et le « Coin de la Reine » 63

Rousseau composant le discours sur 1' « Inégalité » . . C5/

Un Rustique chez les gens du Bel-Air 66

Jean-Jacques dans le monde 67

Rousseau à l'Ermitage. — Ses travaux 69^

^--Rousseau s'exalte dans la solitude 7^

/ Composition de la « Nouvelle Héloïse » . 76

- Comment J.-J. Rousseau composait "^9

Jean-Jacques chez M. et M™' de Luxembourg 81

Décrété de prise de corps 85

La <- Lapidation de Motiers » 89

Pourquoi Jean-Jacques aime la botanique 92

Jean-Jacques dans l'ile de Saint-Pierre 96

Jean-Jacques est un paresseux laborieux . 99

La rêverie de Jean-Jacques 100

Hypocondrie de Rousseau sur les derniers temps de sa

vie '•02

En attendant la mort • • • 100

Notice ^107

Prosopopée de Fabricius 108

La civilisation a corrompu les mœurs 109

Éloge de la barbarie 111

L'origine de l'inégalité parmi les hommes 115

Le théâtre est une mauvaise école de mœurs 117

Le paradoxe du Misanthrope l'22'^j^

Bassoesc de l'état de comédien 1."0

/Rousseau se disculpe de cultiver les arts qu'il méprise. 131 Lettre d'un symphoniste de l'Opéra à ses camarades de

l'orchestre 134

La musique en Italie 157

Avantages de la musique italienne sur la miisi(|ue française 139

-Efict de la mélodie sur 1 ame humaine 14i{

Notice 147

Portrait de M""" de Luxembourg 148

Portrait de M. l'abbé de BouflleVs 149

M. et M"^ de ^>rdelin 150

Portrait de M""'' d'Houdetot 151

Portrait de M. de Gaufîecourt 152

L'Opéra. . 154

Les désœuvrés 100

La société de Paris dépeinte par un étranger 161

Sou])ers et conversations mondaines 166

La " Toilette >• 169

La Parisienne ou « le pour et le contre ». — I. Le contre. 170

— IL Le })oiir 172

La tragédie Î77

La comédie au xviir siècle 179

Le faux luxe 181

j\ Les Montagnons 183

Genevois et Genevoises 185

Les montagnards du Valais 188

"^ Les Suisses du temps jadis 189/

Notice . 195

L'air des montagnes 196

Paysage de montagne 197

La vie ambulante 198

Une grotte 199

V V4^romenade romanesque 201

ÇJj *» >^Effet de la nature sur l'àme de Rousseau 206

V Même sujet. — Le matin 209

-»«Même sujet, — Le soir 210

Le pont du Gard. — Les arènes 210

Un petit Elysée 212

Les vendanges 218

La vendange dans une ferme du centre de la France

{Fromentin) 224

Ce que doit être un jardin 225

Passe-temps rustique 226

Maîtres et valets 228

Les bons maîtres font les bons serviteurs 229

V Si j'étais riche , . 251

Une maison modèle 255

Une sage administration . 259

n/ LArcadie de Rousseau 243

Notice 247

xAimez l'enfance 249

La mère doit nourrir son enfant 249

Il est dangereux d'emmailloter les enfants 251

Ruses d'enfants 253

Petits garçons et petites filles 254

Il faut savoir refuser aux enfants 256

Les enfants prodiges 257

Sur les illusions des parents (Saint-Marc-Girardin) . . . 259

Réprimons le vain babil des enfants 259

Jeunesse d'autrefois et jeunesse d'aujourd'hui. . . • 262

La femme . 264

Le « Bas-Rleu » 265

"^L'éducation physique , 267

^Nécessité d'apprendre un métier . . 268

■* Donnez à l'homme un métier d'homme 272

Le mutin corrigé . ....... 275

La vanité. — Devoirs d'un bon gouverneur 278

« N'on ignara mali, miseris sicccurrere disco » 279

\ Critique de notre éducation 281

N Comment Rousseau entend l'éducation 281

TABLE DES MATIÈRES. ô'ôo

Au précepteur d'un jeune aristocrate 282

Éilucateurs, formez-nous des liommesî 2S4

A tel caractère, telle éducation 285

Pas trop d'études spéculatives' 286

Cultiver le jugement plus que la mémoire 287

La lecture. — Comment le maître doit lire avec son

élève 289

Quelles lectures historiques conviennent mieux à la

jeunesse 290

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