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L\ « PRE^IŒRE » DU « DEVIN

Après le succès littéraire, le succès musical; après le Disrours sur les srÀences et les arts, le Devin du Village (1752). Rousseau connaissait coup sur coup la gloire et la vogue. Son farouche discours avait excité au plus haut point la curiosité; son opéra trouva le chemin des âmes sensibles; il fit verser des lar.mes à ses belles auditrices, et à lui par contre-coup. Succès de surprise et succès d'attendrissement, voilà les deux genres d'émotion que Rousseau excite dès sa première œuvre, et que dès lors il excitera toujours. Aussi, à cette date mémorable, se compose-t-il une attitude et un personnage qui ne démentent point sa double réputation. Cet arrangement de son rôle est sensible dans la page suivante, qui le peint en pleine transition.

J'étais ce jour-là dans le même équipage négligé qui m'était ordinaire; grande barbe et perruque assez mal peignée. Prenant ce défaut de décence pour un acte de courage, j'entrai de cette façon dans la même salle où devaient arriver, peu de temps après, le roi, la reine, la famille royale et toute la cour. J'allai m'établir dans la loge où me conduisit M. de Cury', et qui était la sienne; c'était une grande loge sur le théâtre, vis-à-vis une petite loge plus élevée, où se plaça le roi

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