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LE THEATRE EST UNE MAUVAISE^ ECOLE DE MŒURS

Dnns le jirocès qu'il intente^ au théâtre, Rousseau soutient une thèse pTus plausihle. Il a du moins l'avanlage (rare chez lui) de se rencontrer avec Bossuet. et d'arriver par des voies assez analogues aux mêmes conclusions. Le théâtre est-il une honne école de mœurs? Très grave question, surtout de nos jours, où il n'y a guère de bon théâtre, mais surtout du méjdiocre et du pire. Sur le principe même, il y avait déjà fort à dire, et la question ne sera guère tranchée. Tout au plus pourrait-on soutenir, avec les défenseurs du théâtre, que cet art n'est pas si dangereux et ne cause pas tant de ravages qu'on pense : on pourrait encore objecter à Rousseau que le grand danger n'en est pas dans le spectacle même, mais dans les dispositions morales qu'apporte le spectateur. Mais n'y a-t-il pas déjà là de quoi justifier les attaques de Rousseau? Telle quelle, la question semble comporter plusieurs solutions ou n'en comporter aucune. C'est justement ce qui en fait Tintérèt.

Il y a un concours de causes générales et particulières qui doivent empêcher qu'on ne puisse donner aux spectacles la perfection dont on les croit susceptibles, et qu'ils ne produisent les effets avantageux qu'on semble en attendre. Quand on supposerait même cette perfection aussi grande qu'elle peut être, et le peuple aussi bien disposé c|u"on voudra, encore ces effets se réduiraient-ils à rien, faute de moyens pour les rendre sensibles. Je ne sache que trois sortes d'instruments à M.'aide desquels on puisse agir sur les mœurs d'un peuple i^âïûir, la force des lois, l'empire de l'opinion, et Tattrait du plaisir. Or les lois n'ont nul accès au théâtre, dont la moindre contrainte ferait- une peine et

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