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DE LA FEMME

Il n*est rîen de plus discuté, de nos jours, que le rôle de la Femme dans la société moderne. Ruskin a consacré à ce sujet tout un chapitre de son livre " Sésame et les Lys ", chapitre intitulé en l'honneur de ses héroïnes " Les Jardins des Reines *'. Il y enseigne que la Femme doit être dans son foyer une reine absolue et incontestée et aussi dans le cœur de son mari, mais qu*elle n*a pas de bonheur en dehors d'une subordination totale à la carrière et à la vie extérieure de celui-ci.

COMMENT, demanderez-vous, l'idée que la femme doit guider l'homme peut-elle se concilier avec la vraie soumission de l'épouse? Simplement en ce qu'il s'agit, ici, de guider vers le but et non de le déterminer. Laissez-moi vous montrer comment ces deux pouvoirs semblent devoir être proprement distingues l'un de l'autre. Nous sommes des sots et des sots sans excusé, quand nous parlons de la « supériorité » d'un sexe sur l'autre, comme s'ils pouvaient se comparer en des choses semblables. Chacun a ce que l'autre n'a pas ; chacun complète l'autre et est complété par l'autre; ils ne sont en rien semblables et le

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bonliour i\i la perfection des deux exif^^ent que l'un riUdaine et reçoive de l'autie ce que l'autre seul peut donner.

Or, leurs caractères distinctifs sont ceuxci. La faculté de riiomino consiste à agir, à aller de Tavant, à protéger. Il est essentiellement Tétre d'action, de progrès, le crdateur^ \ l'inventeur, le défenseur. Son intelligence est tournée à la spéculation et à l'invention, son énergie aux aventures, à la guerre et à la conquête, partout où la guerre est juste et la conquête nécessaire. Mais la faculté de la femme est celle de régner, non de combattre et son intelligence n'est ni inventive, ni créatrice, mais tout entière d'ordonnance, d'arrangement et de décision aimables.

Elle perçoit les qualités des choses, leurs exigences, leur juste place. Sa grande fonction est la louange. Elle ne va pas au combat, mais, infailliblement, elle décerne la couronne du combat. Par son office et sa place elle est protégée de tout danger et tentation. L'homme, dans son rude labeur en plein monde, trouve sur son chemin des épreuves et des périls de toutes sortes; à lui, par conséquent, les défaillances, les fautes, l'inévitable erreur; souvent blessé ou vaincu, souvent

égaré, toujours endurci. Mais il garde la femme de tout cela. Au dedans de sa maison, qu'elle gouverne, à moins qu'elle n'aille les chercher, il n'y a pas de raison pour que pénètrent le danger, ni la tentation, ni aucune cause d'erreur ou de faute. Voici en quoi consiste vraiment le foyer : il est le lieu de la paix, le refuge non seulement contre tout dommage, mais contre tout effroi, doute ou division. Pour autant qu'il n'est pas cela, il n'est pas le foyer. Dans la mesure où les anxiétés de la vie extérieure pénètrent jusqu'à lui et où la société frivole du dehors composée d'inconnus, d'indifférents ou d'ennemis, reçoit du mari ou de la femme la permission de franchir son seuil, il cesse d'être le foyer. Il n'est plus alors qu'une partie du monde extérieur que vous aurez couverte d'un toit et où vous aurez allumé du feu. Mais dans la mesure où il est un lieu sacré, un temple vestalien, un temple du Foyer gardé par les dieux domestiques, devant la face desquels nul ne peut paraître hors ceux qu'ils peuvent recevoir avec affection, — pour autant qu'il est cela, et que le toit et le feu ne sont que les emblèmes d'une ombre plus noble et d'une plus noble lumière, — l'ombre du rocher sur une terre aride et la

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