LE ROLE DE LA FEMME
lumière du phare sur une nier d(5montëe, — pour autant, il justifie son nom et mérite la gloire du Foyer.
Et partout où va une vraie épouse, le foyer se transporte avec elle. Pou importe que, sur sa tête, il n'y ait que des étoiles et à ses pieds, pour tout tison, dans le gazon refroidi de la nuit, que le ver luisant. Le home est partout où elle est, et si c'est une noble femme, il s'étend au loin autour d'elle, mieux que s'il était plafonné de cèdre ou peint de vermillon, répandant sa calme lumière sur ceux qui, autrement, seraient sans foyer. — Voilà donc, n'est-ce pas ? la vraie place et le vrai ministère de la femme, mais ne voyez-vous pas que, pour les remplir, elle doit être, autant qu'on peut dire cela d'une créature humaine, incapable d'erreur. Aussi loin qu'elle gouverne, tout doit aller droit, ou bien rien ne va. Elle doit être bonne, constamment, incorruptiblement ; sage, instinctivement, infailliblement; sage^ non pour son propre développement, mais pour sa propre renonciation; sage, non pour s'élever au-dessus de son mari, mais pour ne jamais faillir à son côté; sage, non avec l'étroitesse d'un orgueil insolent et dénué d'amour, mais avec la douceur passion-
née d'une serviabilité modeste, infiniment multiforme, parce qu'infiniment applicable, — la vraie mobilité de la femme. Dans ce grand sens, la donna è mobile non « comme la plume auvent», ni même « variable comme l'ombre faite par le léger tremble frissonnant », mais variable comme la lumière, infiniment diverse dans sa belle et sereine répartition, — la lumière qui prend la couleur de tout objet qu'elle touche, mais afin de la faire resplendir.
(Sésame et les Lys,)